Cf. plus loin, chap. IX et X, fig
CONTINUITÉ DE l'iNFLUENCE FLAMANDE AVANT ET APRÈS 1595
bien que nous puissions y observer des traces de plus en plus notables d'italianisme, nous montrera pourtant dans le bas-relief du saint Georges qui y figure^ comme un retour en arrière et comme une recrudescence de rinfluence flamande. Le bas-relief de Colombe fut certainement consulté par les successeurs du maître. Mais la composition de ce second saint Georges est plus touffue, plus chargée, plus pittoresque que celle du premier. L'artiste donne encore plus d'attention au paysage, et nous apercevons dans le fond, outre la petite princesse et la ville où règne son père, mi moulin à vent et un berger qui joue de la cornemuse. Ce sont là des détails familiers et pittoresques dont l'origine flamande est évidente
Complication de la décoration architecturale, complication et surcharge des costumes, complication de la composition et tendance au pittoresque, voilà les principaux traits généraux de l'influence flamande répandue à travers toute la sculpture française à l'époque où nous sommes placés.
Dans le détail de l'exécution on n'imita que rarement, et en les atténuant, les draperies cassées à petits plis, les attitudes violentes et contournées , les physionomies aux traits creusés, qui furent propres à toute une partie de l'école flamande et qui s'exagérèrent encore en passant dans la sculpture allemande. Parfois cependant certaines grandes statues en pierre, telles que le saint Christophe de Verneuil, rappellent dans leur mouvement général et aussi dans le caractère de leur tète très anguleuse et très dure, l'art des fabricants de bois de Bruxelles ou d'Anvers. Pour cette statue tout au moins, il semble que la copie du modèle flamand est presque
Verneuil. Eg. Notre-Dame. — Saint- Christophe. (Pierre.)