‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 139 sur 305 · Cf. plus loin, chap. XI · texte numérisé non relu

Cf. plus loin, chap. XI

2. Même si nous les retrouvons dans les bas-reliefs de Gènes, ils sont à n'en pas douter de pur esprit flamand. Cf. plus haut, p. 239.

évidente : Tartiste en a reproduit non seulement le thème mais le style luimême. Nous ne croyons pas cependant qu'il faille retirer Texécution de l'œuvre aux ateliers français qui travaillaient à Yerneuil au début du xvi^ siècle et sur lesquels nous reviendrons tout à l'heure K

Mais si cette statue est d'un style assez exceptionnel, le passage qu'elle nous montre d'un type caractéristique de statue flamande dans l'art français est beaucoup plus fréquent, et il y a toute une série de rapports entre l'art flamand et l'art français qu'il faut au moins que nous indiquions sommairement ; ce sont ceux qui tiennent à Y iconographie.

La plupart des thèmes que nous trouvons développés chez les imagiers français de la fm du xv'' et du commencement du xvi*^ siècle leur sont communs avec leurs confrères flamands. Tel par exemple celui de la Mise au sépulcre avec son ordonnance régulière, ses personnages rangés derrière le corps du Christ étendu et porté par les deux disciples. C'est dans le retable de Jacques de Baerz que nous le trouvons pour la première fois complètement réalisé, en sculpture tout au moins vers la fin du xiv^ siècle. Les Italiens vont le transformer, le dramatiser et le compliquer. Les Français, au contraire, jusqu'à une époque très avancée dans le xvi® siècle, resteront fidèles à la vieille disposition traditionnelle franco-flamande, même lorsqu'ils auront adopté l'ornementation à l'italienne, même lorsque le style italianisant aura commencé d'agiter les draperies et de contourner les attitudes des personnages : il faudra attendre jusqu'à Ligier Richier pour voir introduire dans l'ordonnance générale des nouveautés importantes.

Bien d'autres scènes consacrées depuis longtemps par la tradition iconographique furent reprises par nos imagiers, sous la forme particulière que leur avaient donnée les Flamands. Ainsi la Visitation ou la Rencontre à la Porte Dore'e^i dont il serait facile de citer des exemples soit dans la sculpture troyenne, soit dans les reliefs de Jean Soulas à Chartres.

Parmi les statues isolées , nombre de types paraissent également provenir des Flandres. Tel le saint Christophe^ le robuste et souvent colossal passager qui porte l'enfant Dieu sur ses épaules, retourne vers lui d'un geste brusque sa tête coiffée d'un turban, et s'appuie des deux mains sur un grand tronc d'arbre noueux qui lui sert de bâton et coupe le groupe d'une grande ligne transversale. Nous l'avons déjà rencontré dans le bas-relief d'Amboise et dans la statue de Verneuil. Il y en a d'innombrables exemples dans la peinture flamande, dans l'œuvre de Memling, de Thierry Bouts et de bien d'autres,' à Bruges, à Bruxelles, à Anvers, etc. ; en sculpture, il n'est

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