‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 148 sur 305 · Cf. plus haut, p. 193, fîg · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, p. 193, fîg

Ce réalisme Irès sensible encore, bien qu'un peu mitigé et adouci, ce n'est pas seulement clans les visages, mais aussi dans les attitudes que nous l'observons, et nous saisissons même là autre chose qu'un simple adoucissement du réalisme bourguignon :

nous saisissons la persistance et la suite de la véritable tradition française. La sculpture n'a jamais été chez nous jusqu'au xvi*' siècle un art de gesticulation : l'aisance des figures, la vie qui circule en elles, qu'il s'agisse du saint Théodore de Chartres ou des saintes de Châteaudun, se manifestent sans aucune de ces attitudes forcées ou théâtrales que les Italiens ont toujours aimées, de ces postures contournées, dansantes ou violemment dramatiques, que les Flamands ou les Allemands ont recherchées parfois. Les prophètes de Dijon eux-mêmes, avec leur caractère véhément et passionné, sortent légèrement de la pure tradition française et trahissent les origines septentrionales de Sluter et de son neveu.

Le saint Pierre de Solesmes est peut-être la figure la plus caractéristique de l'ensemble à ce point de vue. Son attitude est très simple et très digne, bien qu'il soit encore un peu lourd et trapu à la bourguignonne. Tenant les clefs d'une main, il bénit de son autre main levée, la tête légèrement penchée en avant, d'un air doux et affectueux. Il n'y a, pour se rendre compte de la différence entre cet art-ci et l'art d'importation italienne, qu'à comparer cette figure avec la statue d'évêque bénissant sculptée par des marbriers de Gênes pour l'abbé de Fécamp'. Le thème

Cliché (les Mon. IiikI.

Solesmes. — Une des Saintes Femmes du Sépulcre. (D'après le moulage du Trocadéro.)

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