‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 156 sur 305 · Voir YArion de la collection Davillier au Louvre · texte numérisé non relu

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4. Bas-reliefs du Santo de Padoue. Amhons de San-Lorenzo de Florence.

figures d'empereurs en coslume d'apparat. Ici, au contraire, nous avons une cuirasse très fantaisiste. Les lambrequins classiques se couvrent de décorations végétales, retombent sur une cotte de mailles et voisinent avec des genouillères ornées de têtes étranges ainsi qu'avec un poignard couvert de lettres gothiques fleuries.

C'est exactement le costume que nos miniaturistes de la seconde moitié du xv'^ siècle donnaient aux soldats romains lorsqu'ils illustraient Tite-Live ou César. C'est celui que l'on voit jiar exemple dans la miniature d'un César de la Laurentienne reproduit par M. Miintz ' ; c'est celui que l'on trouve dans mainte tapisserie flamande de la fin du xv^ ou du début du xvi*^ siècle 2. Lorsque, en 1501, Michel Colombe sera chargé de faire le moule d'un « harnois » pour le Turnus d'un mystère joué devant le roi, c'est très probablement quelque chose d'analogue à cet arrangement-ci qu'il fournira au costumier de l'époque, et c'est encore d'une cuirasse de ce genre qu'il revêtira sa figure de la Force au tombeau du duc de Bretagne. Dans ces divers exemples, la virtuosité des imagiers se donne carrière en répandant sur le classique thorax des rinceaux magnifiques, mais d'un style fort éloigné de l'antique, et bien plus proche de ces grands dessins de broderie dont nous avons signalé la richesse sur les robes des personnages du Sépulcre.

Dans l'ensemble des figures cependant, quelques caractères comme le mouvement plus accentué, les proportions légèrement différentes, les physionomies brutales paraissent éloigner ces soldats du reste des personnages du Sépulcre et les rapprocher de ceux qui accompagnent le Christ dans le Portement de croix de Laurana. Ils sont malgré tout d'un style plus posé et plus robuste, d'une exécution plus délicate et plus minutieuse, et nous ne serions pas éloigné de supposer qu'ils furent exécutés par des ouvriers français de l'atelier de Solesmes, bien que les modèles en aient peut-être été donnés par des Italiens, Il est certain en effet qu'il vint des Italiens à Solesmes, nous l'avons déjà noté tout à l'heure^; le caractère des pilastres d'une part et celui des voussures de l'enfeu de l'autre sont trop dissemblables pour faire croire à un simple changement d'inspiration ou de modèle. Il n'est même pas tout à fait juste de parler de la « renaissance qui commence à poindre dans ces rinceaux un peu épais c'est bel et bien un art tout fait, tout formé, brusquement transplanté sur notre sol. La question des soldats mise à part, ces Italiens paraissent s'être bornés ici, comme nous l'avons constaté presque partout

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