‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 158 sur 305 · Cf. plus loin, chap. IX · texte numérisé non relu

Cf. plus loin, chap. IX

2. Palustre, Ren. en France, III, 240, et Michel Colombe, p. 11-12. — Giraudet, Artistes tourangeaux, p. 85. — Cartier, p. 31-37.

3. Le P. de la Tremblaye indique l'objection à faire à cette interprétation, mais ne la combat pas catégoriquement. — Cf. Bossebœuf, art. cit., et Amboise, p. 239-240.

L ART DE SOLESMES

Mais le principal argument au fond est toujours celui avec lequel on peut démontrer tant de choses : à cette époque, il n'y avait qu'un homme capahle de faire une telle œuvre, et c'était le nôtre ! Or, on oublie généralement, quand on se sert de ce procédé de raisonnement, et l'étendue de notre ignorance et la révélation possible de tel artiste obscur, capable d'une œuvre de génie.

Il y a d'autre part les arguments intrinsèques tirés du style même de l'œuvre. Mais ceux-ci ont été présentés de telle sorte, on a tant voulu prouver par des phrases vagues, on a tant affirmé, que la suspicion s'éveille involontairement. On se contente en effet d'indiquer « la parenté évidente (?) entre les Saintes Femmes de Solesmes et les figures de Vertus de Nantes, le même style, la même finesse de ciseau ^ » , ou bien encore « le même naturel des physionomies, la même vérité dans les attitudes, un faire identique dans l'arrangement des draperies * ». Tout cela est assez vague et affirme beaucoup plus que cela ne prouve.

Mais on a trouvé beaucoup mieux : on a découvert une signature. Le P. de la Tremblay e l'a enregistrée, avec quelque réserve il est vrai. M. l'abbé Bossebœuf l'a commentée passionnément ; avec une rare fertilité d'imagination, il a même prétendu expliquer tous les signes et représentations qui entourent l'inscription en question Celle-ci se trouve dans les orfrois du soiesmes. — Dctaiideiomcment de

,1 , . -f^. , I la chape du saint Pierre.

manteau de la statue de samt Pierre, ou de (Daprès un calque pris sur loriginai.)

., ii'r> • /'l'i (Quart de l'exécution.)

riches broderies figurent une série de niches

gothiques abritant de petits personnages très finement ciselés ; l'un d'eux, un homme à longue barbe avec un capuchon, tient une banderole avec cette inscription : — g h s (?) rasione m c t — , ces dernières lettres devant, à n'en pas douter, selon M. l'abbé Bossebœuf, s'interpréter Michaelis Colombae Turonensis.

Le fait même d'une signature de sculpteur français à cette date nous étonne d'abord un peu, car nous en connaissons infiniment peu d'exemples;

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