‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 160 sur 305 · Cf. plus haut, chap. VII, p · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, chap. VII, p

5. On en a rapproche la formule de l'inscription mise beaucoup plus tard à côté du tombeau de Nantes et qui indiquait que ce tombeau avait été fait « par l'art et Vindnstrie de Micliel Colombe ». Mais les conditions sont tellement différentes que le rapprocliement est peu probant.

l'art de solesmes

saint Pol de Léon, un souvenir parliculièrement cher à Michel Colombe, originaii^e, d'après la tradition, de révêché de Léon, en Bretagne.

Plus récemment le même auteur a proposé de lire dans les premières lettres de l'inscription, mutilées ou incomplètes, le nom de Giffar. Ce nom serait celui d'un imagier qui aurait travaillé sous la direction ou sur les modèles [rasione']) de Michel Colombe et exécuté peut-être le saint Pierre, peutêtre même tout le sépulcre; ce Giffard ne serait autre, les questions de date arrêtant assez peu notre auteur, que l'imagier angevin qui devait sculpter plus tard la statue de saint Maurice et de ses compagnons pour la façade de l'église Saint-Maurice d'Angers (1537). Cette interprétation nous paraît encore plus aventurée, d'abord à cause de la difficulté de lire le nom en question dans l'inscription que nous donnons ci-contre, à cause ensuite de la date des œuvres connues de ce Giffard qui nous reportent au moins quarante ans plus tard et sont conçues dans un esprit tout à fait différent, infiniment plus éloigné de la tradition gothique

Tout cela est donc, suivant nous, extrêmement fantaisiste et nous ne croyons pas que l'on puisse jamais, à moins d'une confirmation venue d'ailleurs, tirer \m argument sérieux et historique du rapprochement, peut-être dû au simple hasard, des trois lettres initiales du prénom, du nom et du lieu d'habitation de notre artiste, alors qu'il était si peu dans les habitudes de nos imagiers à cette époque de signer leurs œuvres et surtout de les signer en abrégé .

Quelles que soient donc la masse des arguments proposés pour attribuer le Sépulcre de Solesmes à Michel Colombe et l'assurance de certaines affirmations, elles ne suffisent pas à nous convaincre. Nous nous en tiendrions plus volontiers à la formule de Palustre lui-même, quand il disait, en 1884 2, que « le moment n'était pas venu de mettre un nom sur le groupe de Solesmes », et à la simple mention que l'on trouve dans le Guide au Mans et dans la Sarthe '-^ de l'abbé Charles de cette attribution faite « sans documents positifs et malgré des différences de style incontestables ».

Ces différences sont en effet très notables. L'art du maître de Solesmes est beaucoup plus robuste, les draperies beaucoup plus amples, on dirait volontiers plus magistrales que dans les œuvres aujourd'hui connues de Michel Colombe, les Vertus par exemple du tombeau de François IL Les figures

1. Cf. C. Port, Artistes arif/evins, 1881, p. 128. Il y eut plusieurs artistes nommés Giffard, en Anjou ; mais le plus ancien que nous connaissions est bien ce Jean Giffard qui sculpte en lb37 les statues de la façade de la catliédrale d'Angers.

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