Cf. plus haut, chap. VII, p
5. 11 est groupé à peu près comme sainte Anne avec la Vierge enfant ; c'est un type iconographique qui ne s'introduit guère qu'au xvi'= siècle.
Nous avions espéré rencontrer quelque chose qui fût un peu plus proche de Fart de Solesmes dans une œuvre signalée par Dom de la Tremblaye dans son ouvrage sur les sculptures de l'abbaye bénédictine ^ C'est un Sépulcre qui se trouve dans l'église de la Chnpelle-Rainsouin^ près de Montsurs entre Le Mans et Laval. Nous avons été très déçu ; car si l'œuvre est datée par une inscription analogue à celle des Alignés (1522)2, gg^ moins aussi rustique que les statues précédentes. Elle participe un peu du style général de l'époque fait de persistance des traditions gothiques, d'amour du détail précis dans les costumes et les figures, d'un certain sentiment de simplicité et de dignité dans les attitudes ; mais elle est d'une exécution très grossière et comme gauche et embarrassée. C'est absolument là de la sculpture d'imagier de village, et si ceci nous donnait le caractère de la production locale de cette région pendant la période qui nous occupe , il faudj-ait de toute nécessité supposer que le Sépulcre de Solesmes est l'œuvre d'un atelier très supérieur et étranger au pays même où il fut exécuté.
La série des sépulcres français du XV^ siècle.
N'a-t-on pas supposé du reste que tous ces sépulcres ^ si fréquents en France dans la deuxième moitié du xv'' siècle et la première du xvi*^, seraient dus à des ateliers nomades qui s'en seraient fait une spécialité et ne pourrait-
1. Ouv. cil., p. 77. Il rapproche ce monument figuré du fait de la représentation d'un mystère de la Passion à Montsurs vei'S cette date. — Cf. Dom Piolin, Recherches sur les iiiyslères représentés dans le Maine, Rev. de VAnjou et du Maine, III, 161-162.