‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 164 sur 305 · Et non 1512, comme l'imprime le P. de la Tremblaye · texte numérisé non relu

Et non 1512, comme l'imprime le P. de la Tremblaye

3. Cette hypothèse, présentée par Courajod, a été rappelée par MM. Koechlin et Marquet de Vasselot, ouv. cit., p. 91.

l'art de solesmes

on, faisant rentrer le Sépulcre de Solesmes dans cette série, rallribuer à l'un de ces ateliers indéterminés.

Remarquons d'abord que l'hypollièse en question ne se vérifie pas entièrement : outre les sépulcres nettement bourguignons que nous avons cités plus haut, ceux de Tonnerre, de Semur, iVAvifjnon, de Toulouse, de Louviers, etc., il y en a un certain nombre qui appartiennent encore à des écoles locales bien déterminées. Tels sont ceux de Chaource et de Villeneuve-V Archevêque , en Champagne, rattachés par MM. Koechlin et Marquet de Vasselot à leur atelier de la Sainte-Marthe '. Un peu plus tard nous trouverons sur la Loire ceux à' Amboise et du Coudray-Monlhault qui rentreront dans la série des sculptures de la fin de l'école tourangelle fortement touchée par l'italianisme.

Néanmoins, il existe un grand nombre de Mises au tombeau de style incertain, presque sans lien avec l'art des régions où on les rencontre : le plus souvent, on y voit dominer les tendances réalistes un peu brutales à la flamande, mais elles n'ont ni l'ampleur bourguignonne, ni la nuance adoucie des œuvres de l'école de la Loire : nous avons déjà eu l'occasion d'en citer quelques-unes tout à l'heure en nous occupant de Solesmes. Les types y sont aigus, les gestes quelquefois maladroits, la draperie mince, parfois compliquée, parfois étriquée. Ils présentent des inégalités flagrantes, peu de trouvailles et d'idées neuves, quelques jolis morceaux par-ci par-là, à côté de formules ressassées et banales, et ce pourrait très bien être là l'œuvre de ces ateliers nomades où les influences des divers styles régnants se mélangeaient sans doute sans aboutir à une cohésion parfaite ; tels sont par exemple le sépulcre de Saint-Nizier de Troî/es et celui de Notre-Danie-de-T Epine , à Chàlons-sur-Marne, qui ont entre eux quelques points de contact, mais sont isolés au milieu des productions de l'école champenoise, celui de Chuumonl-sur-Marne , violemment di^amatique, et celui de Pont-à-Mousson, qui porte peut-être quelques traces d'influence germanique; celui de Moulins, qui tient un peu du bourguignon, et celui de Nevers, qui est d'un style tout à fait sec et désagréable ; dans le nord, ceux de Villers-Saint-Sépulcre, de Saint-Germer , de DouUens, de l'église de Sainl- Germain d'Amiens, etc. ; dans le Midi, ceux de Moissac, de Carennac, de Sainl-Just de Narbonne, àWuch, etc.

Mais il est évident que l'œuvre de Solesmes dépasse infiniment toutes celles dont nous venons de parler. Elle ne saurait être de plus le produit d'un

Page 1