‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 165 sur 305 · Ouv. cit., p. 103-106, fig · texte numérisé non relu

Ouv. cit., p. 103-106, fig

2. Le sépulcre de Poitiers, dont nous avons déjà parlé, est une œuvre supérieure, et dont le réalisme est assez puissant et rarrangcment pitlores(pie, mais cjui s'explique bien dilTicilcment dans l'art de cette région centrale où, à cette époque, les loi mes tendent à s'adoucir et où les brutalités du style du xv'' siècle disparaissent peu à peu. Cf. plus haut, chap, VI, p. 187.

P. ViTRY. — Michel Colombe et la sculpture française.

de ces ateliers de hasard qui continuent sans les comprendre les traditions gothiques : nous avons affaire ici à un art absolument conscient de lui-même, qui n'est ni en avance ni en retard, à des maîtres à la fois traditionnels et novateurs, qu'ils s'appellent Michel Colombe ou Louis Mourier, dont le style est merveilleusement d'accord, sinon avec celui d'un groupe d'œuvres similaires et toutes voisines, du moins avec ce style général adouci et détendu qui caractérise l'art du centre de la France vers la fin du xv*' siècle.

Accord de Vart de Solesmes avec V ensemble de l arl français.

Nous sommes arrivés, autour de 1496, au moment où Michel Colombe, établi à Tours depuis longtemps, a vu sa renommée grandir peu à peu. Les

œuvres de sa maturité nous échappent malheureusement, comme celles de sa jeunesse, mais nous pouvons en trouver au moins des équivalents dans ce qui nous reste de la production contemporaine. Si d'ailleurs Michel Colombe paraît être le représentant le plus marquant, le plus autorisé, de cet esprit nouveau que nous avons vu se manifester à Solesmes, il est bien difficile, à notre sentiment du moins, d'affirmer qu'il en ait été le promoteur; nous voyons, en effet, ce mouvement se dessiner à la fois de tous

Cliclir Moreau.

Fragment du triptyque de Moulins. CÔtés, daUS IcS différentes

branches de l'école française, même dans les provinces qui possèdent des écoles locales très fermées, et non pas seulement dans un milieu unique, particulièrement favorisé et pénétré d'éléments spéciaux.

Ainsi, nous avons vu plus haut les caractères nouveaux de l'art français se dessiner même au sein de l'école bourguignonne la plus florissante. C'est

L ART DE SOLESMES

encore dans un milieu tout pénélré d'influences bourguignonnes que nous allons rencontrer d'abord quelques spécimens d'un art assez voisin de celui de Solesmes.

Il dut y avoir dans le Bourbonnais tout un mouvement d'art assez important vers la fin du xv^ siècle. Les ducs de Bourbon avaient été dans le cours de ce siècle de véritables Mécènes comme les ducs de Berry ou de Bourgogne. L'abbaye de Souvigny, nécropole princière, rivale de Saint-Denis et de Cbampmol, avait vu s'élever successivement le tombeau de Cbarles P'", puis celui, plus magnifique encore, de Louis III de Bourbon, exécuté par Jacques Morel ' ; elle s'était enricbie de nombreuses œuvres de sculpture bourguignonne. Il en était de même du cbàteau ducal de Bourbon-l'Archambault.

Lorsque Pierre II de Bourbon, sire de Beaujeu, eut succédé à son frère, Jean II , l'importance politique et artistique du Bourbonnais ne put que s'accroître. Le nouveau duc avait épousé, en effet, Anne, la fdle de Louis XI, et il fut cbargé avec sa femme de la régence du royaume après la mort du roi. Plus tard, la reine Anne de Bretagne vint à Moulins, passer chez Anne de Beaujeu, tout le temps Souvigny. que dura l'aventureuse chevauchée de Charles VIII en Italie. C'est sous le duc Pierre, entre li88 et 1503, que furent exécutées sans doute les œuvres de sculpture dont nous allons parler, ainsi que le fameux triptyque de la cathédrale de Moulins. Plus tard, sa veuve. Madame de Bourbon, fera venir chez elle vui disciple de Michel Colombe, Jean de Chartres, et c'est à lui qu'elle commandera probablement les statues décoratives du château ducal de Chantelle

- Sainte Madeleine.

(Pierre.)

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