Cf., plus loin, chap. XII
inutile des grands manteaux dijonnais. Le geste est d'une tendresse exquise ; le petit enfant, presque nu, est à demi couché dans les bras de sa mère et renverse la tête en lui souriant. La mère elle-même penche tendrement son visage vers le sien et sourit également : c'est un des groupements de mère et d'enfant les plus vrais, les plus dépourvus de formules que nous ayons rencontrés. L'inspiration en est très proche de celle des Madones familières et touchantes de Luca délia Rohbia ; la tête même de la Vierge dans sa douceur
exquise rappelle, dirait-on, les créations du sculpteur florentin ; simple rencontre du reste, trouvaille d'arliste emporté par lui courant analogue, par cet esprit de douceur et de tendresse qui sort de la pure source de l'art gothique et du sentiment chrétien*.
Cette tête d'ailleurs, au front bombé, aux yeux légèrement en amande, au petit nez arrondi, à la bouche délicate, est bien d'une Française et d'une Française du Centre^.
File offre, à peu de chose près, le type des figures bour-
Moulins. Musée. - Fragment. (Piene.) bonuaisCS qUC UOUS VCUOUS
d'étudier à l'instant; à Moulins même, un fragment de tête très mutilée que nous avons retrouvé dans un coin du Musée, se rapproche singulièrement de notre Vierge pour le caractère général de la physionomie , le dessin du front bombé , des yeux et du nez. Celle-ci, enfin, ne nous fait-elle pas songer à la Vierge du triptyque de Moulins? C'est chez toutes deux la même coupe de figure, le même air de douceur et de tendresse, la même inclinaison de tête, presque le même geste caressant des deux mains tenant l'enfant nu ; c'est aussi des deux côtés la même simplicité de costume réel, sans conventions arbitraires comme sans complications excessives et sans luxe de broderies et d'orfèvreries.