Cf. Guilhermy, Itinéraire archéol. de Paris, p
à Châteaudun où s'élevèrent de 1441 à 1468 les premiers bâtiments de cette demeure d'une si robuste et si mâle architecture, austère et sobre encore au dehors comme une forteresse, déjà plus i^iclie et plus claire à l'intérieur'.
C'est exactement le même caractère que nous trouvons aussi avec plus d'élégance encore et de clarté, dans tous les châteaux construits pour le roi René. Rien dans ces édifices ne fait prévoir les goûts particuliers que nous noterons plus tard chez ce prince pour les arts étrangers. Rien ne s'y écarte de la pure tradition française : à Bfiu(/é, par exemple, où nous voyons un joli corps de bâtiment avec deux tourelles et des lucarnes de forme élégante; de même aux Ponts-de-Cé^ où l'on s'aperçoit davantage du caractère fortifié du château, aujourd'hui transformé en gendarmerie ; de même à la Ménitré^ etc.
Plus importants peut-être encore sont les châteaux construits vers 1470 par Jean Bourré, le ministre de Louis XI, au Plessis-Bourré ei à Jarzé ~. Le premier, où Charles YIII fut reçu en 1487, subsiste dans son intégrité, encore un peu rude d'aspect, comme celui de Langeais. Le second a été fortement endommagé à la Révolution et rebâti dejDuis; mais on se rend très bien compte encore des dispositions premières. C'était un grand corps de bâtiment, simple en profondeur, admirablement situé, ouvrant largement ses fenêtres sur deux vallées, tout en façade, sans appareil menaçant et rébarbatif, maison de plaisance déjà beaucoup plus que demeure fortifiée. Nous n'en pouvons plus juger aujourd'hui, mais il devait, d'après les documents anciens, être très richement décoré, et de silhouette très pimpante avec ses clochetons et ses lucarnes
Cette tendance à l'agrément et au pittoresque s'accentue de plus en plus à mesure que nous avançons dans le xv^ siècle : à Nantes par exemple, chez le duc de Bretagne, où l'on travaille activement de 1466 à 1473, sous la direction de ce Mathelin Radier^ architecte tourangeau, que nous avons déjà vu employé à la cathédrale^, à Anceuis, au château de Boumois, près de Saumur, à celui de Saumur même, à Montreuil-Bellay ^ à Ternay (près de l^oudun), dont le château fut commencé au milieu du xv^ siècle^, mais qui perdit un peu, au coui^s même des travaux, son allure primitive de forteresse, à la Gwe/"c/ie-.st/r-Cre«5e^, reconstruit par Charles \\\ pour Agnès Sorel, sur
1. Cf. Coudray, Histoire du château de Ctvitoaudun . — La chapelle élait achevée en 1464.