‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 180 sur 305 · Cf. aussi le détail de cette figure dans Vlnlroduction · texte numérisé non relu

Cf. aussi le détail de cette figure dans Vlnlroduction

On trouverait dans les deux dernières œuvres, que nous venons de citer, rindication d'un atelier plus élégant et plus simple de facture, plus gothique de tradition qui se rattacherait par ses origines à cette survivance du XI v*^ siècle que nous avons notée à Chàteaudun par exemple.

A Beaulieu et à Solesmes, on aurait celles d'un atelier puissant qui cherche moins rélégance qu'une robuste simplicité dans le visage comme dans la draperie, où l'expression très vive se contient et se modère, mais dont bien des caractères nous font songer à ceux de l'art bourguignon transformé et adouci.

A Autrèche enfin et à Limeraj, dans les statues provenant de l'abbaye de Fontaines-les-Blanches comme dans celles de Ballan et de Cléré, on retrouverait le témoignage de l'activité d'artistes soucieux d'une certaine grâce très douce et un peu molle, réalistes à leur façon, puisant très directement leurs inspirations dans la nature qui les avoisine, amoureux surtout du détail et de l'exécution finie ; leurs draperies légèrement chilTonnées offrent encore une belle souplesse laineuse ; ils tiennent à la fois des Bourguignons et des purs gothiques, ils ont surtout un accent local très prononcé, et ce serait sans doute ce dernier atelier qui s'approcherait davantage de la manière que nous savons avoir été celle de Michel Colombe.

Mais ce ne sont là que des nuances à peine sensibles, et il est bien difficile, dans l'état actuel de nos connaissances, avec le petit nombre d'œuvres qui nous ont été conservées, de préciser ces divers groupements. Il faut tenir compte, du reste, que toutes ces œuvres, quelles qu'en soient les différences de détail, sont animées du même esprit : elles sont les produits en Touraine, et c'est là surtout ce que nous voulions y noter, de ce mouvement caractéristique et spontané sur lequel nous avons tant insisté, dont nous avons tout à l'heure trouvé des témoignages presque simultanés dans les diverses branches de l'école française, et dont le Sépulcre de Solesmes nous a paru être le résultat le plus complet et le plus parfait. Quant à cette œuvre même, bien qu'elle paraisse, au premier abord, un peu isolée géograpliiquement, nous la voyons s'expliquer et se compléter par ces diverses œuvres secondaires groupées dans la région de la Loire. Celles-ci permettent même, quel qu'en puisse être l'auteur, de la rattacher à l'école qui fleurit dans cette région et dans laquelle va apparaître, ou plutôt est apparu déjà, notre Michel Colombe.

C'est à lui que nous allons arriver maintenant, c'est son œuvre que nous allons étudier comme une des manifestations les plus caractéristiques de ce mouvement de détente et d'adoucissement qui emporte tout l'art français et qu'il a très jjrobablement lui-même beaucoup plus suivi que provoqué.

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