‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 196 sur 305 · Histoire de Bretagne · texte numérisé non relu

Histoire de Bretagne

4. Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne.

5. Citons, parmi les gravures modernes, exécutées d'après ce monument capital, celles exécutées par Ilawkes, qui en reproduisent des détails, deux lithographies de Ph. Benoist, un dessin do Ilersart du Baron, gravé par Normand, des lithographies d'Asselineau, de Foresl, etc. Cf. Cabinet des Estampes, Supplément relié AA^, et Topographie, V a, 88. — Enfin nous avons pu voir récemment dans la collection de M. Em. Peyre un curieux dessin ancien reproduisant l'ensemble du tomlieau vu de trois quarts. Le style de certains ornements ajoutés dans le champ, et la facture même du dessin semblent permettre de le dater du xvi" siècle. Nous ne croyons jias cependant que ce puisse être un projet ou un dessin d'artiste pour le tombeau. C'est plutôt une sorte de relevé fait avec grand soin, surtout pour la partie ornementale; on y remarque des défauts de perspective et des maladresses dans les figures, qui dénotent une certaine inexpérience. Il n'offre, du reste, aucune particularité, quant <à la disposition de l'ensemble.

6. De l'Isle du Dreneuc. Tombeaux des ducs de Bretagne, p. 07.

LA VIE ET LA CARRIÈRE DE MICHEL COLOMBE

se trouvait le tombeau de ses parents. Il ne nous reste absolument rien de ce monument.

Il n'avait pas du reste été achevé du vivant de la reine, et en 1534, François I^"", sollicité par les religieux de le faire terminer, ordonna une enquête pour savoir ce que coûterait le travail. Ce sont les lettres patentes qu'il donna à cette occasion et le procès-verbal de l'enquête qu'il fit faire qui nous ont été conservés'. Les experts nommés, dont Jehan Morel, maître maçon du château, et Jehan des Marais, maître tailleur d'images, nous décrivent la table de marbre et les différents ornements à l'antique qui la décorent; ils décrivent aussi les statues « quils ont dit être V ouvrage de feu maistre Michel Colombe », le Crucifix, saint François et sainte Marguerite-. Notons que dans cette expertise, presque contemporaine, les statues seules sont dites être de Michel Colombe ; tout le reste peut avoir été fait soit par ses élèves, soit même peut-être par quelque atelier italien travaillant, comme nous l'avons supposé, à la décoration du tombeau. L'œuvre fut-elle reprise et terminée? Nous n'en savons rien. Pourquoi n'avait-elle pas été achevée? Est-ce la mort qui avait arrêté Colombe? Nous ne le savons pas davantage. Nous pouvons soupçonner seulement que cet ouvrage était légèrement postérieur à l'exécution du tombeau.

Après le mausolée de François II de Bretagne et les trois statues du retable que nous venons de mentionner, le premier grand travail que paraisse avoir entrepris Michel Colombe est un sépulcre destiné à l'église Saint-Sauveur de La Rochelle.

Mais, dans l'acte de commande de ce monument, daté du 2 mai 1507, il est fait allusion à un monument antérieur très célèbre dans son temps et malheureusement disparu, dont nous n'avons pas encore parlé, faute d'en connaître la date précise, mais qui certainement, d'après cette mention, est antérieur à 1507 C'est le retable de Saint-Saturnin de Tours, décrit par Thibault Lepleigney dans son Duché de Touraine^ et détruit par les protestants en 1562. Il représentait le Trépassement de la Vierge, « lequel tableau, dit ce guide du xvi^ siècle, est tout de marbre et est estimé par les bons maîtres et ouvriers qui ont vu ledit tableau, le mieux fait qu'ils aient jamais vu ; car ledit tableau est fait selon le naturel, et dirait-on proprement qu'il ne

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