Louis Dimier, Le Primalice, Paris, 1900, p
INTRODUCTION
n'avons pas à le rechercher ici ; nous voulons constater simplement que des écoles bien vivantes au commencement du xvi^ siècle, comme l'école de la Loire et l'école champenoise, vont s'altérer profondément, perdre toutes leurs qualités natives de simplicité, de fraîcheur et de robustesse, ou disparaître même complètement sous l'action de l'importation italienne, et nous avons bien le droit, croyons-nous, de le déplorer'.
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Le nom que nous avons tenu à inscrire en tête de cet ouvrage prouve assez ce que nous devons à M. Henry Lemonnier, professeur d'histoire de l'art français à la Sorbonne. Nous sommes heureux de pouvoir lui témoigner ici toute notre reconnaissance pour la direction journalière que nous avons reçue de lui, depuis bientôt dix ans, dans tous nos travaux, et pour les leçons de méthode qu'il nous a prodiguées par son enseignement, ses conversations et ses exemples. Nous nous faisons un devoir de rappeler en particulier les cours qu'il a professés, de 1893 à 1896, sur le xvi*^ siècle français, et dont la substance passera prochainement dans l'étude qu'il prépare sur celte période de notre histoire. On constatera, et nous tenons à le dire ici, que certaines des idées que nous avons développées tirent leur origine de l'enseignement que nous avons reçu.
Nous remplissons un autre devoir de gratitude en rendant hommage ici à la mémoire de notre regretté maître Louis Courajod et en proclamant hautement tout ce que nous lui devons. Nous ne pouvons manquer de rappeler la fécondité de son enseignement, la sûreté de sa méthode d'analyse directe des œuvres, l'étendue de ses recherches dont il communiquait si généreusement les résvdtats à ses élèves, et surtout la bienveillance particulière dont il nous avait honoré en nous demandant de devenir son collaborateur au Louvre.
Nous aurons le regret, au cours de cet ouvrage, de n'être pas toujours d'accord avec les idées émises par lui ; mais c'est lui-même qui nous a enseigné que toute doctrine est perfectible, et nous ne faisons, croyons-nous, que suivre les leçons de probité scientifique qu'il nous a données en gardant toute notre indépendance vis-à-vis de lui-même.
1. Il y aurait aussi à faire riiisloire de cet ornomcnt à l'italienne qui eut une si rapide fortune en France, et dont l'introduction constitua le résultat le plus évident de l'apport italien, à l'étudier pour lui-même d'abord, à en rechercher les véritables origines, puis à le voir repris et vivifié par les ouvriers français qui s'en emparèrent et y introduisirent bon gré mal gré, un peu de leur fantaisie décorative, jusqu'à ce qu'il cédât la place lui-même, sous l'innucnce de l'esprit classique envahissant, à l'ornement inspiré des purs motifs gréco-romains, au temps de Philibert Delorme et de Jean Bullant. Mais ce serait une étude toute spéciale et dans le détail de laquelle nous ne pourrons entrer ici.
INTRODUCTION
Nous n'avons pas assisté à ses leçons sur les origines de la Renaissance (1887-1889). Nous n'en connaissions, outre ce qui en avait passé dans ses travaux de détail et ses entretiens postérieurs, que les leçons-programmes, manifestes passionnés où Courajod établissait une doctrine en demandant crédit pour la démonstration qui devait venir ensuite. Le second volume de la publication de ses Leçons de l'Ecole du Louvre, entreprise par MM. André Michel et Henry Lemonnier, qui doit contenir précisément cette partie de son enseignement, n'est pas encore paru au moment où nous écrivons, et nous ignorons sous quelle forme définitive s'y présenteront les résultats de ses recherches. Mais nous avons eu communication de l'ensemble des papiers sur lesquels a été établi ce volume, et nous avons dépouillé en particulier ce qui se rapporte à l'année 1888-89 qui nous intéressait particulièrement. Nous y avons puisé l'indication d'un certain nombre de faits utilisés dans notre travail et l'expression d'un certain nombre d'idées adoptées ou combattues par nous.
Nous voulons remercier encore ici nos maîtres du Louvre : M. André Michel, qui continue dignement l'œuvre de Courajod dans le Musée et à l'Ecole, MM. Emile Molinier et Georges Lafenestre, dont les enseignements et les entretiens nous ont éclairé sur bien des points; — M. Henri de la Tour, du Cabinet des Médailles; — MM. Henri Bouchot et Georges Riat, du Cabinet des Estampes, qui nous ont aidé dans nos recherches de toute leur obligeance et de tout leur savoir.
Enfin, nous nous ferions scrupule d'oublier nos amis de Tours, MM. Charles et Louis de Grandmaison, archivistes du département d'Indre-et-Loire ; M. Gaston Collon, bibliothécaire de la ville de Tours, à l'érudition et à l'amabilité desquels nous avons eu souvent recours, et aussi M. l'abbé Bossebœuf, ancien président de la Société archéologique de Touraine, dont il nous arrivera souvent dans ce livre de discuter les opinions, mais à l'obligeance et à l'infatigable activité duquel nous tenons à rendre hommage.