Cf. chap. VII, p
2. Les principales pièces de cette correspondance, dont les orij^inaux se trouvent aux archives de Lille, ont été publiées par M. LeGlay, Analectes histoinques (iS'iS) et Nouveaux Analecles {iS^2), d'autres par Benjamin Fillon, etc. M. C. J. Dufay les a réimprimées presque toutes en appendice à son ouvrage intitulé : L'église de Brou et ses tombeaux, 2^ édition, Lyon, 1879. C'est de ce recueil de textes que nous nous sommes servis principalement pour l'étude qui va suivre. Nous donnerons nous-môme en appendice le texte de l'écrit de 1511, révisé sur le manuscrit original, ainsi qu'un tableau chronologique sommaire de toutes les lettres relatives à la partie de l'histoire des tombeaux de Brou qui nous intéresse ici. ■ — Nous y indiquerons le sujet essentiel de la lettre ainsi que l'endroit où elle a été publiée, ce qui nous dispensera, chemin faisant, de désigner chacune de ces lettres auxquelles nous ferons allusion, autrement que par sa date.
LA VIE ET LA CARRIÈRE DE MICHEL COLOMBE
après le vif, lequel est content de besogner ;i Lion ou à Bourg ». Il voudrait le mettre à l'œuvre sous sa surveillance immédiate et va entamer, en attendant, la composition de ses patrons.
M. Dufay ' prétend que ce disciple de Michel Colombe n'est autre que le maître Thibault de Salins, dont il est question dans les lettres suivantes. Nous n'en sommes pas convaincu pour notre part : Thibault de Salins nous paraît être un ouvrier local ^, engagé probablement par Etienne ChevillarcI, le maître des œuvres de Brou avant l'arrivée de Perréal, et que celui-ci va s'efforcer de mettre dehors. En attendant, en 1509, cet artiste avait déjà reçu 3o0 florins en acompte sur « la tâche à lui baillée de tailler la sépulture de mon dit seigneur » .
Quant à l'artiste proposé par Perréal, nous supposerions volontiers que c'était Jean de Chartres qui, après avoir travaillé à Tours, devait être en ce moment dans le Bourbonnais, plus près de Lyon et de Bourg, par conséquent ; mais rien ne nous en assure.
En 1510, Perréal se fait octroyer un premier paiement pour ses patrons. Mais il arrive bientôt à se plaindre amèrement de maître Thibault de Salins, déclarant tantôt qu'il ne sait rien, et tantôt qu'il veut tout faire. Peut-être tout simplement celui-ci ne consentait-il pas à se plier, aussi docilement que l'avait fait jadis Michel Colombe lui-même, à la discipline de maître Jean Perréal. En janvier 1511, dans une lettre au secrétaire de Marguerite, Perréal, revenant sur ses démêlés avec le sculpteur franc-comtois, rappelle qu'il a déjà fait venir à un certain moment un disciple de Michel Colombe pour marchander de la sépulture, et il annonce que cette fois il a écrit au maître lui-même; celui-ci consent, dit-il, à se charger de la besogne à condition qu'il ne quittera pas Tours et qu'on lui enverra les marbres à domicile. Perréal communique en même temps à Marguerite les plans du tombeau de Nantes dont il raconte l'histoire à l'appui de sa proposition Le 30 mars, dans une seconde lettre datée de Blois^, Perréal annonce que Michel Colombe avec son neveu (probablement Guillaume Begnault) est disposé à accepter « pour l'amour de lui » et même à reprendre le marché passé avec maître Thibault.
C'est pendant l'été de 1511 que Colombe dut commencer à travailler à la maquette du tombeau sur les indications de Perréal, En octobre 1511, Perréal qui a terminé de son côté ses plans pour l'église, vient s'entendi^e