‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 203 sur 305 · Dufay, ouv. cit · texte numérisé non relu

Dufay, ouv. cit

2. On voit encore à Salins diverses sculptures de la fin du xv^ siècle, entre autres un Calvaire d'un style assez sec et dur. Serait-ce là des traces de l'activité de ce maître Thibault ?

3. C'est de cette lettre, publiée par B. Fillon, que nous avons déjà tiré plus haut les renseignements relatifs à ce tombeau.

4. Il se plaint encore ici de Maitre Thibault et reviendra de nouveau surce sujet le 9 octobre 1511.

à Broii pour la construclion avec les maîtres maçons Ilenriet et Jehan de Lorraine '. En même temps, son compère Jean Lemaire va se rendre à Tours vers Michel Colombe, « le grand ouvrier », « pour faire l'avance pour la sépulture, faire faire les modèles en terre cuite, et de là porter le tout à Madame ». Jean Lemaire, qui est tombé malade en route, rend compte cependant de sa démarche par une lettre du 22 novembre 1511 qui précède de peu de jours le fameux acte du 3 décembre signé de la main de Michel Colombe et écrit très probablement sous Tinspiration, peut-être sous la dictée de Jean Lemaire.

Jean Lemaire, sachant que Michel Colombe était très vieux, comjDtait, dès en arrivant à Tours, sur son neveu, « lequel, disait-il, est jeune et portatif, et le plus suffisant de deçà les monts, après son oncle » ; on voit, d'après sa lettre, qu'il est entré également en pourparlers avec deux autres neveux du maître, probablement avec Bastien François, le maître maçon, et François Colombe, renlumineur, que nous trouverons cités dans l'écrit de Michel Colombe. Jean Lemaire ajoute : « ledit Colombe est fort ancien et pesant, c'est assavoir environ IIII" ans, et est goutteux et maladif, à cause des travaux passés, par quoi il faut que je le gaigne par douceur et longanimité, ce que je fais et feray jusques à parfaire. Le bonhomme rajouesnit pour l'honneur de vous. Madame, et a le cœur à votre besogne autant et plus qu'il eust oncques à autre. Et quand je pourrai avoir tiré reçu de ses mains, je vous assure, Madame, que vous aurez un des plus grands chefs-d'œuvre qu'il fît oncques en sa vie ».

Ce reçu, Jean Lemaire l'obtint quelques jours après. C'est l'écrit du 3 décembre dans lequel Michel Colombe déclare avoir touché 94 florins d'or comme avance sur les travaux de la sépulture du duc de Savoie qu'il s'engage à faire, sur les dessins de Jean Perréal, en collaboration avec ses neveux. Ceux-ci s'engagent solidairement avec lui. Ils vont confectionner une maquette « en petit volume », dont Bastien François construira toute la maçonnerie en pierre de taille et dont Michel Colombe s'engage à faire, « de sa propre manufaiture », les patrons en terre cuite des différentes figures. Le tout sera enluminé par François Colombe. Ils demandent jusques à Pâques pour achever ce modèle.

Le travail terminé, Guillaume Regnault et Bastien François iront le porter à Marguerite d'Autriche avec d'autres projets de la main de Bastien François pour « l'élévation de la plate-forme de son église, selon les indications croquis et pourtraicts de Jean de Paris ». Ensuite, s'il plaît à

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