‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 207 sur 305 · Cf. abbé Bossebœuf, Amhoise, p · texte numérisé non relu

Cf. abbé Bossebœuf, Amhoise, p

2. Parmi les œuvres dont 1 attribution à Michel Colombe ne repose sur aucun témoignage certain, les unes sont détruites, comme le mausolée du chanoine Jean Dupeijral, élevé à Saint-Martin de Tours en 1482 (cf. Lambron de Lignim, Mihn. Soc. archéol. Tour., IX, p. 17) ou le mausolée du duc René d'Alençon, mort en 1492, qui se trouvait dans le chœur de l'église Notre-Dame d'Alençon (de la Sicotière, VOrne archéologique et pittoresque, 1845, p. 290) et dont Gaignières nous a laissé un dessin assez précis (Pe 1, fol. 14). De celles-ci, il nous est presque impossible de juger, et, en l'absence des monuments, mieux vaut nous abstenir.

D'autres subsistent, mais sont de style tellement différent que l'impossibilité de l'attriljution saute aux yeux. Telle est la Mise au tombeau de Saint-Denis d'Amboise (Razy, La Mise au tombeau d'Amboise. — Uouillet, M. Colombe, p. 25). M. de Galembert avait déjà protesté en 1855 contre cette attribution, Mém. Soc. a/-ch. Tour., Yll, p. 69). Tel est encore le bas-relief de Notre-Dame de VEcricjnole, conservé aujourd'hui à Tours dans la nouvelle église Saint-Martin (cf. Mém. Soc. archéol. Tour., V, p. 115). M. l'abbé Bossebœuf {Amhoise, 238) donne ce monument comme contemporain de l'arrivée de Michel Colombe à Tours, vers 1470. Cela est absolument impossiljle, d'après le style de l'œuvre qui indique, au contraire, une date assez avancée dans le xvi'' siècle.

On a aussi prononcé le nom de Colombe pour le tombeau des enfants de Charles VIII, pour le tombeau du cardinal d'Amboise à Rouen (Bossebœuf, L'Art (1890), p. 214), pour le tombeau de François de Bourbon, duc de Vendôme, dont quelques fragments subsistent au Musée de Vendôme (Giraudet, Artistes tourangeaux, p. 82) : ce sont là des œuvres sur lesquelles nous reviendrons tout à l'heure, où l'on sent évidemment son influence, mais que rien ne nous autorise à mettre sous son nom.

Enfin on cite couramment, parmi ses œuvres disparues, une statue de saint Maur, en terre cuite, qui aurait figuré jadis dans une église de Tours, certains disent même Saint-Martin. Tous les auteurs qui se sont occupés de Michel Colombe ont mentionné cette statue, mais aucun n'a indiqué sur quels documents il s'appuyait. Il s'agit, croyons-nous, d'une simple tradition rapportée par Chalmel dans son Histoire de Touraine (IV, p. 25), et relevée, pour la première fois, par Lambron de Lignim (Communication faite h la Soc. archéol. de Touraine, le 30 avril 1845), mais sans que ni l'un ni l'autre indique l'emplacement de la statue ni la matière dans laquelle elle était exécutée.

Page 1