CHAPITRE X L'ŒUVRE DE MICHEL COLOMBE
Œuvres conservées de Michel Colombe.
La médaille de Louis XIL Le saint Georges de Gaillon.
Le tombeau de François II à Nantes. — La composition générale, œuvre de Perréal. — ■ Origine du type choisi. — Part de Michel Colombe. — Les gisants. — Les angelots. — Les pleurants. — Les apôtres. — Les qualres Vertus cardinales. — Le thème iconographique. — Le style des figures. — Le type adopté. — Réalisme adouci. — Détail des figures. — Impression d'ensemljle.
Conclusion sur la nature et la valeur de l'art de Michel Colombe.
Il nous reste en somme pour apprécier le talent de Michel Colombe par nous-même trois œuvres certaines :
La médaille de Louis XII (1499-1500) ;
Le tombeau de François II de Bretagne (1502-1507) ;
Le saint Georges de Gaillon (1508-1509),
et leurs dates que nous pouvons heureusement préciser, nous rappellent que ce sont là trois œuvres tardives dans la carrière de l'artiste qui avait environ 70 ans lorsqu'il exécuta la première. Quant au caractère de ses œuvres antérieures, nous n'avons pu que le soupçonner d'après ce que nous avons constaté dans l'ensemble de la production contemporaine. Mais la persistance des principes traditionnels d'une part, et d'autre part la transformation caractéristique du style de l'art français, se renouvelant de lui-même, que nous avons aperçues dans celle-ci, nous expliquent le caractère à la fois traditionnel et nouveau que nous allons rencontrer maintenant dans ces œ>uvres de la vieillesse de l'artiste.
Quelle part faut-il faire dans ces œuvres à l'italianisme? L'analyse à laquelle nous allons nous livrer nous le dira. Nous sommes, il est vrai, maintenant, ainsi que nous l'avons établi tout à l'heure, en plein mouvement italianisant. Mais il faut bien nous souvenir aussi de ce que nous a montré l'étude de la vie et de la carrière de Michel Colombe. Celui-ci, par son âge,
appartient encore à la génération antérieure ; de plus, malgré sa renommée, il nous est apparu avant tout comme un exécutant, un ouvrier. On pourra lui proposer, ou lui imposer même, un programme, un pourtraict comme Ton disait, c'est-à-dire des plans, des dessins, des projets plus ou moins arrêtés ; les préoccupations nouvelles pourront se trahir dans ce programme. Mais c'est dans l'exécution que nous aurons à chercher justement la personnalité de l'artiste, son style propre ; c'est là que nous aurons à voir s'il sacrifie lui aussi aux modes nouvelles, si plutôt il ne garde pas intact son tempérament traditionnel, national et gothique.