II. - LE SAINT GEORGES DE GAILLON
Dans l'ordre d'importance, sinon dans l'ordre chronologique, c'est le basrelief de Gaillon que nous rencontrons maintenant^.
On y voit, représentée dans un très riche encadrement, une grande composition pittoresque où le chevalier saint Georges délivre la fille du roi de Hongrie du dragon qui la menaçait ; mais c'est dans la sculpture seule de la table de marbre et non dans l'entourage du bas-relief, non dans les pilastres exécutés à Gaillon même, loin de la direction du vieux maître resté à Tours ^, qu'il nous faut rechercher les effets du tempérament de celui-ci ou des modèles dont il a pu s'inspirer,
Y a-t-il là quelque chose d'italien? Certains auteurs semblent incliner à le croire, Guilhermy^ par exemple, qui, tout en critiquant les effets de perspec-
d. Il existe au Cabinet des Médailles une autre médaille de Louis XII, en argent, offerte au roi par la ville de Paris, où les traits sont beaucoup plus idéalisés et même légèrement déformés. La figure s'y présente de trois quarts et c'est bien là une idée de peintre : c'est une disposition de plus (jui paraissait hanter l'esprit de Perréal et que l'on retrouve jusque dans les croquis exécutés en marge des registres des comptes de la ville de Lyon ; c'est aussi le parti adopté dans les figures reproduites dans les petites miniatures du manuscrit de la guerre Gallique. Nous ne saurions prétendre résoudre ici la question de l'attribution de ces petits portraits. Qu'ils soient de Perréal, selon M. de Maulde [Jean Perréal, p. 68 et suiv.), ou de Clouet, selon M. Bouchot (Les Clouel, p. 14), le rapprochement avec la médaille en question nous prouve bien que celle-ci a dû être conçue par un peintre, tandis quele Louis XII de Tours est éminemment une œuvre de sculpteur. (Cf. de La Tour, Revue de numismatique, 1896, p. 460, pl. X. — Paul Vitry, Bull. Soc. des Antiq., 3 avril 1901.)
2. La différence de temps est si minime que nous avons cru pouvoir nous permettre cette interversion grâce à laquelle nous pourrons aborder successivement des œuvres de plus en plus démonstratives et considérables. Pour nous du reste l'esprit (jui anime le saint Georges ne diffère nullement de celui dans lequel est conçu le tombeau de Nantes, et s'il fallait les classer selon la persistance plus ou moins grande de l'inspiration traditionnelle nous ne saurions vraiment lequel mettre le premier.