Saint-Germain-l'Auxerrois
Mais il serait intéressant de savoir quelle fut la part de Guillaume Chaleveau dans l'exécution de ce tombeau des Poncher, quels étaient la valeur et le rôle de celui-ci dans l'atelier de Regnault. Ce n'était pas, évidemment, un simple manœuvre, car d'après l'acte de 1523, les deux artistes doivent travailler « chacun par moitié et égale partie » ; mais rien absolument ne peut nous édifier, par ailleurs, sur les capacités de Cbaleveau, Un document nous avait bien déjà révélé son nom, mais ce document se rapporte sans doute à la même affaire. C'est un marché passé par lui avec deux tombiers de Paris, Jehan Lemoine et Julien Pire^ qui s'engagent à tailler et polir pour son compte une tombe de marbre noir ^ Il est très probable que cette tombe était un morceau de la sépulture des Poncher, peut-être la dalle qui devait supporter les gisants. Étant donnée sa matière, elle devait provenir de Flandre. Les sculpteurs tourangeaux l'avaient fait mettre en état sur place, les statues seules devant être exécutées à Tours et apportées ensuite à Paris. C'est à peu près la méthode qui avait été suivie pour le tombeau de Nantes.
En 1527, Guillaume Regnault figure encore parmi les paroissiens de Saint- Étienne de Tours, ainsi que Guillaume Cbaleveau et nous pouvons supposer qu'ils continuèrent à travailler de concert.
Nous rencontrons aussi le nom de Regnault'', vers cette date, dans plusieurs actes notariés dont le dernier date de 1532. Ce sont des achats de terrains et de métairies aux environs de Tours, qui nous prouvent que l'artiste jouissait d'une certaine aisance ; il dut mourir vers la fin de l'année 1532, et nous possédons l'acte de partage de ses biens, daté du 9 janvier 1533.
Enfin, nous voyons paraître dans sa succession un certain nombre d'enfants^, parmi lesquels Jean Regnault qui exerce, comme son père, la profession de tailleur d'images^. C'est lui qui dut continuer l'atelier de la rue des Filles-Dieu; la maison lui avait été attribuée en partage en 1533. Malheureusement, nous n'avons aucun renseignement sur sa carrière ni sur son œuvre.
Jean de Chartres^ l'autre disciple de Michel Colombe, ne nous est connu que par la mention de l'acte de 1511 : « Jean de Chartres^ mon disciple et serviteur^ lequel ni a servi l'espace de dix-huit ou vingt ans et maintenant est tailleur d'images de Madame de Bourbon. » Nous avons pu conjecturer que
1. Coyecquo, Bull, de la Soc. dliisl. de Paris, 1893, p. 132.