Cf. plus haut, p. 30i-36.j
3. En 1497, il se fit octroyer par Françoise de La Rochefoucauld, dame de Montbazon, de laquelle relevait la terre de La Carte, certains droits de justice et aussi le droit « de faire bastir et édifier chastel et maison forte en ce lieu ». (Cf. al)})é Chevalier, Méin. Soc. arch. Tour., t. XIII, p. 266.)
4. Il y fit également hâtir, à côté d'un vieux château gothique, une demeure magiiifi<jue, selon les nouvelles données du style de la Renaissance (il n'en subsiste plus guère aujourd'hui que les fondations et la chapelle. Mais c'est à La Carte (ju'il se retira cependant, après sa disgrâce, en i.')20; sa famille y rentra même plus tard, malgré la confiscation de ses biens, qui avait suivi sa condamnation et son exécution.
5. Ces vitraux ont figuré à l'Exp. rétrosp. de Tours, en 1873, n" 88-89. Cf. de Grandmaison, Bull. Soc. A. Tour., II, 44-0. Ils ont été vendus depuis. Jacques de Reaune avait fait aussi agrandir considérablement l'église de Ballan et l'avait dotée de très beaux vitraux qui subsistent encore. On y voit également son portrait et celui de sa femme.
6. Elle avait été, comme les vitraux, vendue parles anciens possesseurs du château. M. DucheL, le propriétaire actuel, a eu la bonne fortune et l'intelligence de la racheter et de la replacer dans
Elle esl en terre cuite et non pas en marbre comme les Vierges que nous allons rencontrer tout à l'heure. Mais nous savons que Michel Colombe luimême n'ignorait pas ce procédé puisque, même en laissant de côté des œuvres incertaines que Ton cite d'habitude, il avait certainement utilisé la terre cuite pour les patrons de la sépulture de Brou.
On a dit ' que ce procédé avait été introduit et mis à la mode par des Italiens tels que Jean de Gandida, Laurana ou Mazzoni. De fait, c'était un procédé très courant en Italie et appliqué fréquemment, en particulier dans le Nord, pour de nombreux ensembles de décoration, à San-Satiro ou à Sainte- Marie des Grâces de Milan, par exemple. Nous connaissons cependant, en France, quelques œuvres de pur style gothique exécutées en terre cuite. Telles une statuette de Roi du xv*^ siècle, au Musée du Louvre^, le retable provenant des environs de Bernaj, au Musée de Gluny ^, la Vierge du beffroi d'Amboise, etc.'^.
Cette œuvre-ci est également toute française d'inspiration et d'allure. Il y a bien des Vierges allaitant dans l'art italien. C'est même en 1503 qu Andréa Solario peint, pour un couvent de Blois, la fameuse Vierge nu coussin vert (aujourd'hui au Musée du Louvre) ; mais l'imagier de Tours n'avait pas besoin de ces modèles : d'innombrables Vierges gothiques, debout, portant l'enfant et lui donnant le sein, suffisaient à lui suggérer ce thème familier. Il l'a simplement modifié légèrement en y apportant la nuance particulière de son esprit et de celui de son temps : le bambin ne se précipite plus gloutonnement sur le sein de sa mère, comme dans certaines Vierges gothiques du xv*^ siècle, celle de la Cour-Dieu, à Orléans, par exemple ; il la regarde en souriant, tandis que celle-ci le contemple elle-même tendrement, la tête légèrement inclinée vers lui ; d'un geste délicat et modeste elle soulève discrètement le voile qui couvre sa poitrine pour lui présenter la pointe de son sein et, de son autre main, elle joue avec le petit pied de l'enfant.
Il y a, dans cette statuette, une vérité de geste, une grâce d'attitude qui
son milieu. Il a mis l'original à l'abri dans la chapelle, et l'a remplacé au portail, d'ailleurs restauré, par un moulage.