Cf. Palustre, Arch. de la Ben., p
des dernières années de Guillaume Regnault, qui mourut vers la fin de 1532, et si ces trois statues d'Ecouen, de Mesland et de la Bourgonnière, nous donnent bien encore le type de Vierge créé par les successeurs de Michel Colombe, il n'y aura pas à s'étonner qu'elles s'éloignent quelque peu du type initial dont la Vierge d'Olivet était encore très proche, et de l'idéal purement français qui avait été celui du maître.
Des trois statues que nous venons de mentionner, la Vierge de la Dourgonnière nous paraît, par son style, être la plus ancienne : c'est celle qui se rapproche le plus de la Vierge d'Olivet, et ce que nous pouvons savoir de son histoire ne fait que nous confirmer aussi dans cette idée. Elle fait partie d'un ensemble de sculptures admirablement conservées avec leur polychromie intacte qui se trouve dans la chapelle du château de la Bourgonnière, entre Saint-Florent-le-Vieil et Ancenis, à quelque distance de la Loiret
Le château fut rebâti au début du xvi*^ par les du Plessis, seigneurs de la Bourgonnière, à côté d'un ancien château fort du xv'^ siècle et sur des plans beaucoup plus vastes. La chapelle seule de ce deuxième château est demeurée presque intacte. Le baron de Wismes - en plaçait l'origine première vers 1480. Mais il nous paraît impossible d'en faire remonter la décoration plus haut que 1509, date de la mort de Jean du Plessis, car on constate partout la présence des armoiries et emblèmes de son fils Charles et de la femme de celui-ci, Louise de Montfaucon. D'autre part. Palustre a très justement combattu l'opinion qui attribue l'architecture de cette chapelle à Jean de Lepine, l'architecte d'Angers qui ne travaille guère avant 1525 : il pensait que la première pierre avait dû être posée vers 1515^. Les deux autels décorés de sculptures que l'on voit à l'intérieur de cette chapelle peuvent donc avoir été exécutés dans les premières années du règne de François P'".
Palustre passe dédaigneusement sous silence les statues de l'autel principal. Il a grand tort, à notre avis ; car la Vierge au moins, qui le surmonte, est un véritable chef-d'œuvre, et la comparaison qu'on en j^eut faire avec les Vierges de la Loire révèle, suivant nous, le nom de l'atelier auquel il faut attribuer le mérite de l'ensemble. C'est très probablement, ainsi que nous allons le voir, celui de Guillaume Regnault^ suite de l'atelier de Michel Colombe ; peut-être
1. Il reste encore de celui-ci un donjon assez bien conservé; mais les constructions du xvi'= siècle ont été rasées à la Révolution et refaites au début de ce siècle.