Ouv. cit., p
2. Pour les autres œuvres de cet artiste, voir chan. Perce, ouv. cit., p, 42-43.
Rouen. — Tombeau des cardinaux d'Aniboise. Vierye et saint Jean-Baptiste.
(Marbre.)
teau est jDresque analogue à celle que nous avons notée dans la série des Vierges précédentes, les plis en sont infiniment plus mouvementés et plus creusés. Les différences que nous avions vues s'indiquer de la Vierge d'Olivet à la Vierge de la Bourgonnière, et de la Vierge de Mesland à celle d'Écouen, s'accentuent enfin ici de plus en plus : on voit comme dans les Vertus des Poncher, le genou saillir très inutilement sous la draperie.
On pourrait noter également quelques rapports entre les statues dévêques et celles que nous avons étudiées en Touraine ; mais celles-ci sont déjà touchées, elles aussi, par le maniérisme italien, le saint Jean-Buptiste lui-même est devenu fade et bellâtre. Le saint Georges^ au contraire, malgré les souvenirs de celui de Gaillon, qui s'imposaient à l'esprit de l'artiste, ne rappelle nullement le style de l'école de la Loire ; nous avons déjà dit* combien, avec sa précision et ses reliefs accentués, il tendait à se rapprocher des sculptures flamandes. Le nom d'un des artistes cités tout à l'heure, celui d'André le Flamand, nous explique peut-être le caractère différent de ce morceau.
Mais nous revenons à l'école de la Loire avec les figures de Vertus. C'est le même thème que nous avons trouvé développé au tombeau de François II ou à celui des Poncher-. Les quatre Vertus cardinales ont même exactement ici les attributs que nous leur avons vus à Nantes : la Tempérance^ en particulier, tient une horloge et un frein; la Force^ une tour d'où elle arrache un dragon. Dans son exécution, ce dragon est tout semblable à celui de Nantes, et la tête de la jeune femme elle-même, assez différente de celle de ses compagnes, paraît s'ingénier à rej^roduire les traits réguliers, l'air un peu inquiet, et la bouche entr'ouverte de la statue de Michel Colombe. Les autres sont de physionomie très uniforme : nous apercevons encore ici la tendance bien des fois indiquée déjà à la formation d'un type de beauté qui ne varie plus; ce type, d'ailleurs, est extrêmement agréable : ces petites têtes rondes sont aimables et douces, et quelques-unes ont le charme discret des belles figures de la Loire. Elles sont encore, pour la plupart, habillées à la mode du jour; cette mode a un peu changé depuis le tombeau de Nantes, les costumes sont un peu plus riches, plus compliqués. Mais on ne saurait en faire un grief à l'artiste, qui se contentait, très probablement, de copier naïvement ce qu'il voyait, avec le même esprit de sincérité que ses prédécesseurs. Ce dont il est bien responsable, par exemple, c'est l'aspect contourné de certains gestes, c'est l'agitation des manteaux, ce sont les plis compliqués et arbitraires qui com-