‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 255 sur 305 · Cf. plus haut, chap. VI, p. 180 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, chap. VI, p. 180 et suiv

.3. L'attribution à Paul Ponce, les histoires rapportées par Sauvai d'exécution terminée à Paris, ont été contredites par les textes. (Cf. Montaiglon, Ia famille des Juste, p. 22-31, tir. à part.) 4. Giraudet, Bull, inonum., 1877, p. 00-07, cl Artistes tourangeaux, p. 230.

l'atelier de MICHEL COLOMBE

rachèvenient du monumenl. Nous avons aussi dans les Comptes des bâtiments du roi^, la mention de certains paiements faits au même artiste pour la conduite et assiette de la sépulture du feu roy et pour la « cave faite sous la sépulture pour mettre les corps ». Mais ce ne sont pas là, à proprement parler, des comptes de construction, et rien ne nous affirme dans tout cela que Jean Juste soit le seul auteur du tombeau. Il en est peut-être Tauteur principal, celui que connaissaient les ciceroni de l'époque, il fut chargé, sans doute, de la mise en place ; mais il a fort bien pu avoir des collaborateurs.

Il a eu d'abord, sans nul doute, ses frères, et l'on a discuté, sans aucun élément de certitude du reste, jusqu'ici, pour savoir ce qui pouvait revenir à chacun d'eux dans les différentes parties du monument. Ne serait-il pas très admissible également que l'on ait répété ici ce que l'on avait fait pour le tombeau des dauphins, par exemple, et que l'on ait demandé quelques parties de ce nouveau tombeau royal, et spécialement quelques figures iconiques, à l'atelier français de Tours, qui paraissait en avoir la spécialité.

De fait, si nous examinons le tombeau, dans cet ensemble compliqué dont l'idée première a été attribuée, nous l'avons vu, à Perréal, mais sans preuve absolue, l'architecture et la décoration sont sûrement italiennes, les basreliefs du soubassement, les Vertus et les Apôtres le sont également ^. Pour les deux gisants nus, représentés à l'état de cadavres, il y a déjà un peu plus d'incertitude : le réalisme macabre qui s'y déploie les rapproche de certains gisants cadavériques du xv^ siècle; mais nous ne pouvons guère attribuer à un atelier français de l'époque où nous sommes la facture appuyée, dramatique, violente que l'on y remarque.

Au contraire, les deux priants dont Montaiglon, remarquons-le, ne dit rien dans sa description raisonnée ^, sont d'un style absolument différent, beaucoup plus calme, plus reposé, plus mesuré, robuste encore et sincèrement réaliste, mais paré d'une certaine grâce adoucie. La physionomie du roi était extrêmement ravagée, la médaille de Colombe nous en a montré quelque chose ; celle de la reine était plutôt ingrate, et cependant ici, l'imagier, sans sacrifier la vérité, a su envelopper cette laideur ou cette vulgarité et en faire quelque chose de digne et de serein. Les attitudes sont très simples, les figures bien assises, la tête à peine légèrement penchée chez le roi : nous avons là le type de tous les priants vraiment français du xvi^ et du xvii^ siècle ; on n'y remarque même pas ce mouvement dramatique des épaules et du torse que l'on peut constater chez le cardinal d'Amboise et

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