‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 256 sur 305 · Cf. plus hautchap. VI, p. 215, fig · texte numérisé non relu

Cf. plus hautchap. VI, p. 215, fig

.3. Montaiglon, La famille des Juste, p. 30.

que nous retrouverions plus tard chez les priants académiques postérieurs à 1640 ; ceux-ci prient simplement, honnêtement, posément.

Dans le détail même de Texécution, dans le manteau royal à pèlerine

garnie d'hermine, dans le surcot de la reine orné d'orfèvreries, dans sa coiffe emperlée, nous retrouvons la même conscience, la même scrupuleuse précision que dans les figures de l'école de Colomhe , scrupule que l'on chercherait en vain chez l'auteur des Apôtres ou des Vertus de ce tombeau-ci. Il n'est pas jusqu'aux petites mouchetures de marbre noir, qui ne nous rappellent que ce procédé a été utilisé déjà dans les tombeaux de Nantes et de Tours. Enfin, s'il est vrai, comme nous le pensons, que ce soit à l'exécution des draperies que l'artiste trahisse le plus sûrement son véritable tempérament, il semble bien que nous ayons comme une espèce de signature dans ce manteau royal qui retombe si naturellement avec de beaux plis étoffés, laineux et souples, et qui ressemble si fort à celui de la Vierge d'Olivet.

Ce serait donc là, suivant nous, deux morceaux de premier ordre, sortis entre 1515 et 1530 de l'atelier de Guillaume Regnault et mis en œuvre par les Juste, chargés, comme nous l'avons vu, de la direction de l'œuvre totale. Il

Cliclic Fichol.

Saint-Denis. — Statue priante de Louis XIL (Marbre.)

L ATELIER DE MICHEL COLOMBE

y aurait eu pour le tombeau de SaiuL-Denis une collaboration analogue à celle que nous avons constatée pour ceux de Nantes et de Tours. Quelle que fût d'ailleurs la vogue de l'atelier italien des Juste, n'était-il pas naturel aussi que l'on s'adressât à cet atelier français que le roi et la reine avaient souvent bonoré de leurs commandes, lorsqu'il s'agissait de dresser leurs effigies funéraires? Les textes ne nous ont pas gardé la trace de cette commande ; mais le style de l'œuvre , à leur défaut, suffît pour nous avertir de cette lacune.

D'autres tombeaux disparus en grande partie devraient peut-être se rattacher aussi à la suite de Michel Colombe.

Ainsi celui de Pierre de Roncherolles à Ecouis, qui, d'après la gravure de Millin*, ressemblait fortement au monument des Poncher. Le personnage était mort en 1503, mais sa femme, Marguerite de Châtillon, ne mourut qu'en 1518. C'est entre ces deux dates que celle-ci dut faire élever ce monument, qui comprenait deux gisants couchés côte à côte , dont Tenfeu était encore

Saint-Denis.

Cliclii' Ficliot.

Statue priante d'Anne de Bretagne. (Marbre.)

1, Antiquités nationales, vol. III, notice sur Écouis, p. 25.

décoré par le haut d'ornements gothiques, et le soubassement conçu à ritalienne avec quatre figures de Vertus cardinales. Les gisants, autant qu'on peut l'entrevoir par la gravure, devaient être excellents ; la femme surtout paraît avoir eu de grands rapports avec la Roberte Legendre. Elle portait en tous cas le même costume qu'elle, celui des dames du temps de la reine Anne. Quant aux Vertus, il est assez difficile d'en juger d'après une reproduction qui peut être infidèle, mais il semble bien qu'elles commençaient, ainsi que celles des Ponclier, à s'agiter dans leurs niches et à prendre des poses dramatiques.

Le tombeau de François de Bourbon^ qui se voyait dans l'église Saint- Georges à Vendôme, et dont il ne reste que quelques fragments au Musée de cette ville, a été attribué à Michel Colombe lui-même, d'après le style de ces fragments ^ C'est tout au plus une œuvre de son atelier. François de Bourbon était mort en 1496 ; mais sa femme, Marie de Luxembourg, ne mourut qu'en 1548. C'est entre ces deux dates, mais probablement assez tard, vers 1520-1530, que fut élevé le monument; le style assez avancé des fragments décoratifs que nous en connaissons paraît nous en assurer. D'après le dessin de Gaignières le tombeau comportait deux priants et un basrelief représentant quatre Vertus assises ^. Il ne reste au Musée de Vendôme qu'un fragment du couronnement, où des angelots supportent un écusson. Les deux figures, potelées et souriantes, sont joliment traitées : elles sont sans doute de la postérité des angelots de Nantes, mais elles sont vêtues de tuniques collantes à l'italienne et fendues sur le côté de façon à laisser voir les jambes nues jusqu'aux cuisses; enfin leur attitude comme leur expression est infiniment plus maniérée^.

Quant au tombeau des Bastarnay à Montre'sor, c'est une œuvre assez célèbre et importante évidemment, dans l'art de la région dont nous avons fait le centre de nos études, mais il règne à son sujet des incertitudes de toute nature. On n'a de renseignements précis ni sur la date exacte de son exécution, ni sur l'identité absolue des personnages qui y sont représentés, ni même sur sa véritable forme primitive, car il a été complètement reconstitué à une date relativement récente^. L'opinion la plus simple, et nous

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