‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 33 sur 305 · Cf. jjlus loin chap. VII, fig · texte numérisé non relu

Cf. jjlus loin chap. VII, fig

LA SCULPTURE BOURGUIGNONNE

agencé selon la formule bourguignonne, ample, souple et débordant, plus compliqué même qu'à la belle époque ; mais la tête ronde et délicatement modelée avec ses cheveux pendants fait déjà prévoir les plus suaves créations des écoles de la Loire et du Centre.

Dans une petite madone allaitant du Musée de Cluny ' , également assez typique, le charme réside dans la discrétion du geste , dans la simplicité de l'agencement du groupe, la tête restant un peu épaisse et les draperies d'une inutilité de complications bien significative.

Au contraire, dans la charmante Vierge d'Aufun-, qui appartient à M. Bulliot, la draperie est simplifiée de façon très sensible : ce n'est plus guère qu'un manteau réel qui tombe des épaules avec un pan retenu sous un bras, et qui laisse voir la robe serrée à la taille et dessinant délicatement les seins. Le réalisme est discret ici et la mesure parfaite, chose rare dans l'école bourguignonne ; pourtant le caractère du visage suffit à rattacher l'œuvre à cette école. Mais la façon dont est posée cette tête ronde, un peu poupine, la valeur qu'elle prend, grâce à son inclinaison, lorsqu'on la voit légèrement en raccourci , les yeux baissés, la bouche à peine souriante, le geste maternel d'une tendresse infinie avec lequel, de ses deux mains allongées, la vierge berce son poupon tout emmailloté de langes, le charme enfin qui se dégage de l'ensemble en font une œuvre unique et de la plus pénétrante intimité. Il y a là, avec les éléments traditionnels, avec un naturalisme persistant, avec une vérité scrupuleuse,

Autun (coll. Bulliot). — Vierge. (Pierre peinte.)

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