CHATEAUDUN INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE DU CHATEAU
LA SCULPTURE FRANÇAISE EN DEHORS DE l'iNFLUENCE BOURGUIGNONNE 81
très éloignée de l'idéal mesuré et gracieux de la pure école de la Loire, et pourrait bien être postérieure. Toutes s'acheminent vers cette grâce nouvelle qui s'alliera, à la belle époque, avec une allure très robuste et très calme sans maniérisme ni mièvrerie. Mais l'harmonie manque encore un peu : le style général, resté gothique dans son fond, se ressent à la fois du réalisme qui domine dans l'art du temps presque tout entier, et des élégances un peu mièvres de l'art précédent. La sculpture n'a pas encore rencontré, comme la peinture avec Jean Fouquet, un maître qui sache fondre ces divers éléments et réaliser pleinement l'idéal de la race et du moment.
C'est évidemment dans cet esprit que l'on devait travailler dans toute la vallée de la Loire lorsqu'y apparut Michel Colombe. Nous en avons un témoignage à Angers par exemple, où une sainte Catherine en bois peint du Musée Saint- Jean nous rappelle exactement celle de Châteaudun. Le costume est presque identique, avec le surcot, le manteau, la jupe à grands plis; la figure toute ronde et sans prétentions est très voisine aussi de celles que nous venons d'observer.
A Tours même, en dehors de cette clef de voûte de saint Clément mentionnée plus haut', il subsiste bien peu de témoignages de l'activité des imagiers de cette époque. Mais nous trouvons dans les environs un monument assez important qui date précisément du temps où Fouquet est à l'apogée de sa carrière et où Michel Colombe a déjà atteint l'âge d'homme.
Les archevêques de Tours avaient à Vej^noii, à quelques lieues en amont de la ville, sur la Loire, dans une situation charmante, à l'entrée de la vallée de la Brenne, une maison de plaisance comme les archevêques de Rouen en
Clirlii' (/('.v Mon. hist.
(Châteaudun. Chapelle du château.
Sainte ^ladclcine. ( Piei-re peinte.)