‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 49 sur 305 · Anlhyme Saint-Paul, Bull, monumental, 1884, p · texte numérisé non relu

Anlhyme Saint-Paul, Bull, monumental, 1884, p

l'influence italienne avant les guerres d'italie

Les rois de France ne furent assurément pas pendant ce temps des agents bien actifs pour la propagande italienne : Charles ^'11 et Louis XI avaient d'autres soucis en tète, celui, en particulier de reconstituer leur monarchie ébranlée, et ne prêtèrent qu'une attention distraite aux littérateurs et aux artistes. C'est du moins l'opinion courante sur leur compte : M. Mûntz allribue à Louis XI ce qu'il appelle « la stagnation intellectuelle de la France » sous son règne. Il est vrai que, pour lui, la seule preuve d'intelligence et de goût que pût donner un prince, c'était d'appeler des Italiens, et il se scandalise lorsqu'il constate chez \m Louis XI ou chez un François II de Bretagne cet attachement « incurable » aux principes gothiques'. Nous avons vu tout à l'heure les résultats de cet attachement et nous ne croyons pas que ces princes, comme Charles VII, comme Louis XI et Charles VIII lui-même, jusqu'à sa conversion ou son apostasie (rappelons-nous les constructions d'Amboise), aient droit au mépris de l'histoire pour l'avoir conservé. Sans en faire étalage, sans être des mécènes délicats et raffinés, de goût éclectique et incertain, ils eurent sans doute sur l'art de leur pays une influence conservatrice excellente et dont on ne leur sait pas assez de gré.

Louis XI, du reste, se servit des Italiens quand il crut en avoir besoin. Nous le constaterons tout à l'heure à propos des ouvriers en soierie. Vers 1471, nous le voyons appeler également de Naples un nommé Francisque de la Chevalerie, « ouvrier de tentes et pavillons pour faits de guerre ^ ». Mais quant à l'histoire du Christ mort peint par Giovanni Bellini, qui ornait un couvent de Venise, et que Louis XI se serait fait apporter, d'après Vasari, elle est assez douteuse Louis XI pourtant avait sûrement reçu des présents des ambassadeurs avec lesquels il fut en rapport. Antonio Tebaldo, ambassadeur de François Sforza, avait déjà fait hommage à son père en 1457 d'im manuscrit richement enluminé et celui-ci y avait pris grand plaisir, nous dit-on ^. Nous ne voyons pas cependant que ni l'un ni l'autre se soit engoué un peu sottement, ainsi qu'on le fera plus tard, pour ces productions étrangères et se soit montré disposé à estimer comme des merveilles tout ce qui pouvait se faire en dehors de chez eux. Nous savons qu'une médaille de Louis XI fut exécutée par Laurana ; mais ce fut probablement pour le compte du roi René

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