‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 50 sur 305 · Grandmaison, Docum. inédits, p · texte numérisé non relu

Grandmaison, Docum. inédits, p

3. Montaiglon, Arch. nrl franrnis, I, 96. — Vasari, Ed. Milanesi, III, p. 63. — M. Miintz {Ren. sous Charles VIII, p. 45 i-) ch'-ve des doutes sur rexactitude de ce fait. Le tableau que la seigneurie de Venise fit mettre à la place étant daté de 1507, il suppose que le biographe aurait imprimé Louis XI pour Louis XII, ce qui serait plus naturel et rentrerait du reste beaucoup mieux dans la thèse générale (jue nous soutenons ici.

4. Miintz, Ren. Ch. VIII, p. 476, d'après une lettre publiée par le marquis d'Adda Indagini II, 30-31.

d'Anjou, et nous ne voyons pas que le roi ait accordé lui-même une protection particulière à aucun de ces médailleurs italiens que nous allons rencontrer dans différentes cours de Tépoque, en particulier dans celle du roi René.

Ce roi René d'Anjou est lui des amateurs d'art les plus célèbres et les plus importants du xv^ siècle français. Il continue la tradition des grands princes amateurs de l'époque précédente, les ducs de Beny, de Bourgogne, etc. ; il

continue aussi leur éclectisme.

Par sa situation politique personnelle, duc d'Anjou, de Lorraine et de Bar, comte de Provence et roi de Sicile, on sait qu'il fut en rapports directs à la fois avec l'Italie et avec des provinces situées dans les régions de la France les plus différentes^.

Il avait séjourné à Naples entre 1438 et 1441, et il résida pendant la dernière partie de sa vie tantôt en Provence, tantôt en Lorraine, tantôt en Anjou ^.

Poète et artiste lui-même, il fut en relations avec des humanistes ; il appela près de lui quelques artistes italiens, commanda certaines œuvres en Italie, se forma une bibliothèque et de véritables collections d'art. Mais M. Mûntz reconnaît qu'aucun principe supérieur ne dirigea ses entreprises ; il se plaint du caractère fragmentaire de ses efforts et de l'indécision absolue de son goût. Il est même forcé de constater que malgré les rapports intimes de ce dilettante avec l'art italien, ses goûts personnels et profonds le portaient plutôt du côté des Flamands, et nous verrons plus tard les gages considérables d'attachement qu'il donna à l'art et aux artistes septentrionaux.

d. Mûntz, oiiv. cit., p. 481. Cf. aussi Locoy do la Mai-chc, Le mi Benà. — Id. Comptes et mémoriaux du roi René. — Giry, Notes sur l'influence artistique du roi René, 1875. (Extrait de la Revue critique.)

2. Son gendre. Ferry de Vaudemont, duc de Lorraine, se mit un moment au service de la republique de Venise et fut créé noble Vénitien par le doge Mocenigo (1480). Cf. Delaborde, Expéd. Ch. VIII, p. 143.

Ai\. Musée — Le roi René, lîas-relief (le travail italien. (Pierre.)

l'influence italienne avant les guerres d'italie

Notons donc les rapports du roi René avec les peintres Colantonio del Fiore^ Angelo Franco, Zinc/nro, etc., avec des médailleurs comme Lnurana et Pietro da Milano sur lesquels nous allons revenir. Noions qu'il était lié avec la famille des Pazzi, les protecteurs florentins de Luca délia Robbia, lequel exécuta vers 1442 ses armoiries en terre émaillée'. Mais n'exagérons pas les conséquences de ces faits et souvenons-nous d'autre part que les faveurs du roi furent très partagées

A côté de ces rapports politiques officiels et de ces goûts plus ou moins prononcés chez certains princes pour l'art et les artistes italiens, on note encore l'influence possible de la diffusion des produits répandus directement chez nous par des ouvriers ou des marchands venus d'outre-monts.

On constate par exemple l'existence de toute une colonie italienne à Paris dès le moyen âge, l'accaparement du commerce d'argent par les Lombards, la présence des Italiens à la tête de certains ateliers monétaires dès le règne de Philippe le BeP.

Plus tard on voit s'installer encore en France des banques italiennes, celles des Médicis par exemple qui fut si florissante à Lyon^; on voit des Italiens apporter chez nous l'industrie de la soie. On en trouve établis à Lyon dès 1466"^. En 1469-70, des ordonnances de Louis XI introduisent à Tours des « ouvriers en drap de soie », la plupart génois ou florentins^. En 1475-76,

1. Ces armoiries analogues à celles que Luca exécuta pour les corporations de Florence à Or San-Michele, celles de l'Art de la soie en particulier, se trouvent aujourd'hui à Londres au Soutli- Kensington. Elles sont reproduites dans le livre de M. Dclaborde, p. 3j, et dans celui de M. M. Reymond, La Sculpture florentine, II, 205.

2. Une partie des œuvres italiennes du xv"^ siècle que l'on rencontre en France, h Aix, à Avignon, provient peut-être, mais ce n'est (ju'unc probabilité, des collections du roi René : ainsi au Musée (rAvi(jnon,un petit buste d'enfant de la suite de Desiderio, le groupe en marbre d'un enfant avec un chien que l'on dit représenter saint Benezet (Exp. rétrosp. 1900, Cntnl., n" 4638), un profil de sainte Hélène, etc., certains fragments encore au Musée Borély, à Marseille, des morceaux de plaques et de sculptures émaillées, une colonnette de marbre blanc finement sculptée.

On trouve aussi à Marseille, a l'église de la Major, une Déposition de croix en majoli(juc souvent décrite et commentée. (Cf. Trabaud, Les Délia Robbia de Marseille, Gaz. desB.-A., septembre 1890, p. 260-264). Mais l'apport de cette œuvre est de date très incertaine, et ce ne paraît être du reste qu'une production très tardive de l'atelier des délia Robbia, contemporaine peut-être de l'arrivée en France de Girolamo délia Robbia, en tous cas très postérieure au roi René.

Il nous semble bien qu'il en est de même des fragments de sculptures en majolique de Sainl- Omer, que l'on dit cependant provenir du tombeau de l'abbé Guillaume Filliastre (j 1473.)

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