Cf. plus haut p. 112 fig
3. Cf. Maxe-Verly, Réun. des Soc. des B.-A. des dép., 1896, p. 267-375.
4. On voit à Angers, chez les Dames du Calvaire, une statue en bois (moulage au Musée Saint- Jean), qui représente la Madeleine enveloppée dans ses cheveux. Cette statue proviendrait de l'ermitage de la Baumetle et aurait été exécutée pour le roi René. Elle a été retrouvée très mutilée dans la Loire après la Révolution : actuellement, la tête, les mains et les pieds sont modernes et il ne faut guère se fier à l'attitude que le restaurateur lui a donnée et qui est celle d'une gisante. N'y aurait-il pas là un rapport possible avec quehjue sculpture exécutée par Pietro da Milano a Bar-le-Duc ?
■^). Cf. Mïmlz, Ren. Ch. VIII, p. 490. — Ileiss, Médailles de personnages français, par Nicolo Spinelli, Revue de numismatique, 1890, p. 475-476.
l'influence italienne avant les guerres d'italie
le nom nous échappe aujourd'hui. Ainsi Ton connaît quelques médailles d'origine évidemment italienne qui représentent des personnages appartenant à la cour de Bourgogne ' ; Le style en est très énergique et annonce un talent robuste, mais dillerent de celui des artistes qui nous sont connus comme ayant travaillé pour cette même cour, Spinelli et Jean de Candida.
Ce Jean de Candida -, est une figure très curieuse d'artiste et de littérateur, d'orateur et de diplomate. M. de la Tour a dans une étude remarquable défini sa personnalité et son rôle artistique, et nous le représente comme un véritable apôtre de l'art italien et l'un des initiateurs de la Renaissance. Il était d'origine napolitaine , sorti d'une grande famille, et ses qualités personnelles aidèrent singulièrement à son influence. Dès 1476, il était pensionné par Charles le Téméraire en qualité de secrétaire et nous le voyons paraître aussi à la cour de France dès 1482 ou 1483. Il dut être en relations avec les grands bourgeois de Tours
de cette époque, Robert Briçonnet, par exemple, dont il fera deux médailles en 1493 et 1494, avec Artus Gouffîer, avec l'amateur manceaii Pierre de Couthardy, dont il modèle également une effigie. Il est lui-même conseiller du roi, et en 1491 on l'envoie en ambassade auprès du pape. Il fit partie probablement de l'expédition de Charles VIII et joua encore un grand rôle en France pendant les premières années du xvi^ siècle. L'une de ses dernières médailles, vers 1504, représente le jeune François de Valois.
Quel genre d'influence pouvaient bien exercer autour d'eux ce Jean de Candida et en général tous ces médailleurs italiens? Il ne faut pas à notre
Revers de la médaille de Louis XI par Laurana. (Bronze.) (Cabinet des Médailles.)
1. P. Vallon, Revue de numismatique, 1887, p. 76-80, et H. de la Tour, ibid,
2. Cf. L. Delisle, Dih. de l'École des Charles, 1890, pp. 310-312, et H. de la Tour, Jean de Candida, 1895, in-8. Ext. de la Rev, de numismatique.
avis exagérer leur action, ni grandir outre mesure cette espèce de révélation d'un art « plein de jeunesse, de poésie, d'amour vrai de la nature^ », Ce n'est pas tout l'art italien qu'ils apportaient avec eux, et si ce n'était que des leçons de naturalisme qu'ils avaient à donner, on pourrait dire que nos Français n'en avaient précisément pas besoin à cette date. Or, leurs effigies ne pouvaient guère enseigner autre chose.
Quant à leurs revers, ils comportaient parfois de ces compositions allégoriques inaugurées par Pisanello, et qui s'étaient de plus en plus, après lui, inspirées de l'antiquité. Telle cette Concordia que l'on voit au revers de la médaille de Louis XI ou cette Fax Augusli qui figure sur l'une de celles de René d'Anjou. Mais de même que les architectures à la Bramante que nous avons notées tout à l'heure chez Pietro da Milano, ces figures costumées à l'antique, avec des cuirasses classiques, des draperies légères et collantes, resteront très longtemps lettre morte chez nous. Lors même que ces habitudes de style se répandront beaucoup plus tard, ce sera par une voie toute différente, celle de l'école de Fontainebleau.
Les médailleurs du xv<^ siècle avaient créé cependant en France un art ou plutôt un genre, celui de la médaille-portrait qui allait fleurir au cours du xvi*^ siècle dans des mains tantôt italiennes et tantôt françaises^. Mais encore faut-il remarquer que longtemps après l'arrivée de Laurana, de Pietro da Milano, de Jean de Candida et des autres, le grand artiste que l'on regarde précisément comme influencé entre tous par le génie italien, Michel Colombe, ayant à exécuter une médaille à eftîgie, fera, de l'aveu même des spécialistes, ime œuvre entièrement personnelle où l'on retrouverait plutôt la manière des premières médailles françaises du milieu du xv*' siècle que celle des œuvres italiennes ^.
Il faut avouer cependant que par la nature de leurs productions et de celles qu'ils pouvaient répandre autour d'eux, les plaquettes, les petits bronzes, les médailles qu'on portait en agrafes sur les chapeaux, les moyens d'action de ces artistes échappent forcément à notre contrôle ; nous ne pouvons guère que supposer cette action et en chercher les résultats. Or, en fait de résultats jDratiques et tangibles il nous est à peu près impossible, pendant une période d'une trentaine d'années, entre 1465 et 1495, d'en saisir aucun, au moins dans la sculpture et la décoration monumentale.