‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 60 sur 305 · Arch. ari.fr., Il · texte numérisé non relu

Arch. ari.fr., Il

4. Cf. Léopold Delisle, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque nationale, I, 217; III, 352. — Mélanges Graux, 1884, p. 285. — Omont, Catalogue des manuscrits grecs de la Bibliothèque de Fontainebleau.

5. Cf. Leroux de Lincy, Vie de la reine Anne de Bretagne, IV, p. 153-157, et Bibliolh. de VEcole des Chartes, 1850, p. 52-53.

6. Il en est de même pour les collections formées par Florimond Roberlet dont le détail nous est connu grâce à un inventaire; celui-ci {Mémoires de la Soc. des Antiq. de France, 3° série, t. X, p. 1 et suiv.) ne fut rédigé ([u'après la mort du trésorier des finances en 1532, et si Robertet avait assisté à l'expédition de Charles VIll, ses rapports avec l'Italie avaient continué bien longtemps après ; nous ne devons même pas nous étonner, le goût pour l'art classique italien s'étant développé de plus en plus, de trouver chez lui, outre le David de Michel-Ange, un grand nombre de tableaux, de tapisseries, de marbres, d'albâtres, ou de bronzes, représentant pour la plupart des personnages ou des scènes empruntés à l'antiquité.

époque, la Madone en mosaïque du Musée de Cluny qui provient de Tégiise Saint Merri^, à Paris, et dont l'histoire est assez obscure; elle portait, paraîtil, autrefois cette signature, aujourd'hui disparue, qui affirmait son origine : opus MAGiSTRi DAviDis FLORENTiNi, et cc Serait, d'après Montaiglon l'œuvre de David Ghirlandajo ; celui-ci ne vint jamais en France, et Vasari prétend qu'il aurait exécuté cet ouvrage à Florence pour l'envoyer au roi de France. Une partie de l'inscription conservée nous apprend cependant que la mosaïque fut donnée à l'église Saint-Merri par le président Jean de Ganay (f 1512).

Quant au fameux saint Sébastien de Mantegna qui se trouve dans l'église âi Aigueperse en Bourbonnais*, on ne peut déterminer au juste à quelle époque il arriva en France. Mais il est très probable qu'il fut donné à l'église par Gilbert de Bourbon qui avait épousé la sœur de François de Gonzague, marquis de Mantoue, protecteur de Mantegna, et qui devint vice-roi de Naples après le départ de Charles VIII. C'est donc très probablement aussi une œuvre importée en France vers la même date que la précédente.

Quoi qu'il en soit, voici quantité de produits italiens, introduits d'un seul coup en France, et en grande partie au cœur de la France, à la cour, en Touraine, et voici qu'arrivent en même temps des artistes en nombre assez considérable. Il va falloir dorénavant compter avec tout cela : l'invasion est commencée ; mais remarquons bien que nous sommes en 1496, qu'Amboise est déjà bâti en grande partie, que le sépulcre de Solesmes vient d'être mis en place par des imagiers français et que les représentants du style nouveau ont à peine le temps d'y ajouter, avec la date, ce hors-d'œuvre composé des deux plus anciens pilastres à l'italienne que nous rencontrions auprès d'une œuvre de sculpture française ; remarquons enfin que notre Michel Colombe a soixante-six ans ou environ.

A partir de ce moment, les rapports généraux avec l'Italie deviennent si évidents et si constants qu'il est presque inutile d'y insister. Les voyages fréquents, les expéditions militaires plus ou moins heureuses, l'occupation de Gênes, les ambassades innombrables, et, d'autre part, les bénéfices français distribués sans réserve à des ecclésiastiques italiens, le goût de certains grands prélats français pour la culture italienne, le cardinal d'Amboise en tête, puis Robert de Lenoncourt^, archevêque de Tours (1484-1509), Louis de Crèvent,

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