Art. cit., Arch. art. fr., I
4. Paul Mantz, Une tournée en Auvergne, Gaz. B.-A., 2" pér., t. XXXIV, p. 373-387.
5. C'est lui qui sera plus tard le protecteur de Jean Martin, le premier traducteur de Vitruve. Cf. Pierre Marcel, Jean Martin, Paris, 1899.
abbé de Vendôme, Antoine Bohier, abbé de Fécamp, etc., l'arrivée des poètes, des chroniqueurs, des rhétoriqueurs, et des humanistes, Lascaris, Paul-Emile, Faust Andrelin, plus tard Lodovico Héliano, Girolamo Aleandro, etc., le renforcement des colonies italiennes déjà existantes à Lyon par exemple, les modes elles-mêmes, dans le langage et le costume*, tout concourt à créer entre les deux civilisations des rapports de plus en plus intimes. Ce qui n'était que signes précurseurs isolés et souvent assez vagues avant 1495, devient palpable et multiple.
Nous nous bornerons à examiner ici comment se fit la pénétration au point de vue artistique, et plus particulièrement encore à rechercher quels exemples, quels modèles pour nos imagiers français furent apportés ou exécutés en France par les Italiens depuis 1495 jusqu'aux environs de la mort de Louis XII.
Le personnel des artistes italiens employés par Charles VIII.
Mais d'abord quels étaient ces artistes italiens pensionnés par Charles VIII, qui, d'après leurs états de paiement de 1497 et 1498, avaient été appelés pour « ouvrer de leur mestier â Vusaige et mode dYtallie ».
Si nous éliminons de cette liste le fretin des tailleurs et des parfumeurs, il nous reste encore bien des gens d'importance secondaire : tel ce Luc Becjeame, « inventeur subtil à faire couver et naistre pouletz », bien qu'il soit qualifié une fois au moins de « deviseur de bastiments », et que l'on s'empresse parfois un peu vite de le mettre au rang des grands artistes^. Tel encore le jardinier Pasello da Mercoliano, qui dessina d'abord les jardins des terrasses d'Amboise, puis ceux du château de Blois^. Il fut appelé ensuite à Gaillon*, et en 1531 il figurait encore sur les comptes publiés par M. de Laborde en qualité de Jardinier du roi ^. Mais rien ne subsiste naturellement de son œuvre, et si goûté qu'ait été son talent, son influence en dehors de sa sphère particulière fut évidemment assez peu considérable.
Alphonse Damasso, en admettant même que la mention « tourneur d'arhalestre » qui accompagne son nom sur le premier compte de 1497 soit fautive*^ et qu'il faille lire, comme dans le second, tourneur d'albâtre, n'était
1. Cf. Quicherat, Ilist. du costume, p. 115. — Leroux de Liiicy, Vie privée d'Anne de Bretagne, p. 10.