Montaiglon, art. cit., p. 111, note
probablement qu'un manœuvre dont nul autre texte ne nous révèle l'activité, lien était à peu près de même de Gérôme Pacherot (Passerot ou Pacliiarotli), « ouvrier en maçonnerie », qui nous est un peu plus connu mais qui n'était sans doute qu'un praticien et qu'un ornemaniste. Nous savons qu'il se fixa à Tours en 1503, qu'il travailla à Gaillon, puis revint à Tours ^ Il dut certainement jouer un très grand rôle dans la dilFusion de l'ornement à l'italienne, et nous aurons à revenir à ce propos sur l'étendue et la signification de son œuvre.
Bernardin de Brissia (Bernardino de Brissac ou de Brescia) avait été appelé pour exécuter à Amboise de ces travaux de menuiserie en tarsia, de ces « plancliers à la mode d'Italie », qui avaient si fort séduit Cliarles VIII à Naples^ et qui devaient ressembler à ces mosaïques de bois, que le duc Jean de Berrj avait fait exécuter, dès le début du xv*^ siècle, pour son cliâteau de Bicêtre. Certaines parties des stalles de Gaillon peuvent nous donner une idée de la nature de ce travail au xvi*^ siècle -^. Mais ce Bernardin devait être encore plutôt un ouvrier d'art qu'un véritable artiste.
Au contraire, messire « Guido Paganino, cbevalier, peintre et enlumineur », était un artiste de grande importance. Il reçoit des gages sensiblement supérieurs aux autres, et son identité ne fait aucun doute. Le titre seul que lui donne le texte de 1497 nous étonne légèrement, car nous le connaissons plutôt comme sculpteur que comme peintre. C'est en cette qualité qu'il jouissait déjà d'une certaine renommée quand Charles VIII entra en relations avec lui à Naples en 1495. Nous reviendrons tout à l'heure sur son œuvre avant et après cette date.
Il est assez curieux que pour tous ces artistes, aussi bien pour Paganino, dont la première œuvre connue est postérieure h la mort de Charles VIII, que pour les autres, nous ne puissions guère aujourd'hui saisir de trace de leur activité immédiate : si nous n'avions ces Etats qui nous révèlent leur présence près du roi et nous forcent bien à présumer qu'on ne les payait pas pour ne rien faire, nous serions tentés de reculer les dates de leur activité en France, ou de la considérer comme tout à fait négligeable. C'est ce que n'ont pas manqué de faire les défenseurs de la « Benaissance française », en particulier en ce qui concerne les architectes qui figurent sur la liste de 1497, Fra Giocondo et Dominique de Cortone.
Ce dernier, qui est désigné comme« faiseur de chasteaulx », n'est autre, selon