DU JURY
taines, c'est le plus simple enseignement de la raison.
Le jury, en matière criminelle , est né des premiers crimes qui désolèrent les sociétés naissantes. Les plus sages de la tribu, Judices selecti, durent juger publiquement les offenses publiques, c'est-à-dire, les contraventions de nature à troubler l'ordre général. Le peuple entrait ainsi dans la décision d'un intérêt qui touchait à la conservation de la cité morale.
Ce n'est pas le lieu de se livrer à une revue humanitaire, dont les aspects, vastes comme le monde, seraient en disproportion avec nos forces, avec le cadre de cet examen, et la patience la plus éprouvée du lecteur. C'est bien assez, c'est trop, pour moi, je dois le craindre, de vouloir ramener cet entretien judiciaire à des époques historiques dont les analogies expliqueront le temps présent.
Nous serions mal venus à entreprendre ce travail dans un but d'archaïsme ; nous sommes
excusés de le tenter en contemplation du devoir. Trop heureux si quelques-uns de ceux qui nous liront, sentent renaître ou fortifier en eux le respectueux amour d'une institution qui est la noblesse du peuple , et survit à tant de
noblesses.
S'il est vrai, que l'unité humaine soit écrite partout, depuis l'instinct rudimentaire de l'homme disgracié, jusqu'aux magnificences du génie ; s'il est constant que les mêmes idées, les mêmes besoins communs se trouvent, «à des degrés divers, chez tous les individus qui font nos familles , nos espèces et le genre ; si l'observateur le plus vulgaire est forcé de s'incliner devant cette harmonie de l'unité, et d'en chercher la cause au-delà des sphères visibles, il ne faut pas s'étonner que les sociétés longtemps organisées, ces individus collectifs, les sociétés vivaces qui ont dominé ou commandent l'attention de l'histoire, se soient rencontrées ou succédées, par rapport à