‹ Michel de Montaigne; sa vie, ses œuvres et son temps. 2. éd., augmentée de documents authentiques inédits et de la littérature de Montaigne en ellemême, dans ses rapports avec les lettres, en général et, plus spécialement, avec les lettres au 16e sìecle et au commencement du 17eChapitre 35 sur 77 · Cicero in Pisonem. cap · texte numérisé non relu

Cicero in Pisonem. cap

2. L'accusateur était responsable, de même que nous l'avons vu en Egypte et en Grèce.

3. Tacite, Dialogue sur les orateurs, c. 39. In plerisque judiciis crederet populus romanus sua interesse quid judicaretur.

de crimes graves. La défense de l'accusé a son tour et s'exerce en toute liberté. C'est aussi la clepsydre qui seule marque le temps accordé aux orateurs qui se combattent. Les preuves sont de trois espèces : preuves écrites, les témoins et la question, tabula, testes et questiones. De même qu'à Athènes, l'arrestation préventive est en usage à Rome. Les témoins à décharge sont appelés laudatores ; ils viennent rendre hommage aux vertus de l'accusé, et ils sont à Rome d'un emploi si fréquent qu'ils lonangent souvent un accusé sans l'avoir jamais vu. Le débat clos, ftiuissier a prononcé le fatal dixerunt. Le scrutin secret, tabellœ, a remplacé le vote public que Cicéron trouvait plus garantissant, au profit de la répression l. La lettre G se compte-t-elle en majorité sur les tablettes, l'accusation triomphe. Le préteur dépose sa robe prétexte et annonce le résultat :

1. Fitillud ut minus multos tabella condemnet quant solebat vox. Cic, De legibus, III, 16 et 17.

videtur fecisse, en exprimant la peine prononcée par le jury; quelque fois même, il s'en réfère simplement à la loi qui punit le crime reconnu constant1. Un tel mode de procéder se comprend et s'explique chez le peuple à l'éducation juridique qui connaissait la loi, — qu'en France on est censé seulement ne pas ignorer, — dont les enfants jouaient au magistrat comme les nôtres au soldat. Le jeu de ces enfants, dit Plutarque dans la vie de Caton d'Uttique, «était de représenter les plaids en s' accusant les uns les aultres2.»

En l'état de ces institutions distinctes et désormais de droit commun, alors qu'en dehors de ces tribunaux criminels, nous ne rencon-

Page 1