‹ Michel de Montaigne; sa vie, ses œuvres et son temps. 2. éd., augmentée de documents authentiques inédits et de la littérature de Montaigne en ellemême, dans ses rapports avec les lettres, en général et, plus spécialement, avec les lettres au 16e sìecle et au commencement du 17eChapitre 75 sur 77 · Quatorzième Provinciale, p · texte numérisé non relu

Quatorzième Provinciale, p

plus récentes expressions, les volontés du Christ, et sait-il bien que si le crime d'homicide est plus terrible encore après le sacrifice et la rédemption du calvaire, le meurtrier n'en deviendra que plus justement punissable, «au nom de Dieu» . devant les sociétés.

Les hommes régénérés à la lumière du Thabor, conservaient, vous le voyez, sur ces rnatièresde droit fondamental, les véritésde l'ancien monde.

La souveraineté ne parla jamais d'autre langage que celui cité par Pascal. Et ces paroles de Paul, du premier législateur des chrétiens, du plus grand esprit qui ait éclairé la civilisation renaissante, ne semblent pas avoir vieilli, pour remonter à dix-huit siècles.

Lorsque missionnaire de l'ordre et de l'autorité sans lesquels les progrès des nations s'arrêtent, l'empereur nous disait, aux acclamations de

l'Europe : « il faut que les bons se rassurent et que les méchants tremblent.» Est-ce qu'il ne formulait pas, à son tour, la pensée déjà exprimée par S. Paul? Est-ce que, d'un mot, il ne marquait pas les devoirs généraux d'un grand règne, le but spécial des lois pénales?

Mais en rentrant dans le sujet particulier qui nous occupe, j'aime à redire avec Pascal , l'éloquent défenseur de la vie humaine , que ces justices douloureuses qui y touchent exceptionnellement, indispensables au repos, à la sûreté publics, admises dans tous les temps, dans tous les lieux, reposent sur des principes également consacrés par la souveraineté divine et par la souveraineté sociale. — Admirez avec quel soin Pascal circonscrit le redoutable exercice de la peine suprême, comment il place aux entrailles de la foi, la protection de l'homme. Dieu a dit, nous rappelle-t-il : «Il ne faut pas rendre le » mal pour le mal ; il est défendu de se faire » justice à soi-même.»

Aussi les rois chrétiens ne se la font-ils pas, dans les crimes même de lèse-majesté au premier chef; ils remettent les criminels aux mains des juges qui punissent selon les lois, dans les formes réglées. — Tant on a voulu que le ressentiment, la passion , la douleur ou les autres mobiles humains, ne pussent peser sur les destinées du coupable, que les simples particuliers , cela est de science vulgaire et caractérise le progrès des institutions chrétiennes sur les législations du paganisme, ne peuvent jamais, devant les tribunaux , requérir la mort de personne. Le meurtrier de votre père, votre propre assassin échappent à votre action directe.

De sorte, dit Pascal, qu'il a fallu établir des personnes publiques qui demandent la punition suprême du coupable, au nom du roi ou plutôt «au nom de Dieu '.»

Voilà un grand jugement sur notre ministère et de quoi contrebalancer ces théories d'aspect

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