CXXVI INTRODUCTION
« Je suis en grande peine pour le fait de la » munition : ceux qui se sont obligés de la four- » niture cette année donnent si peu d'ordre à » leurs affaires qu'ils n'ont à présent aucune » voiture, en sorte que si l'armée faisoit deux » lieues en pays auquel ils ne trouvassent point » de blé à vendre, ils ne pourroient pas y faire » voiturer des vivres pour un jour. Quand je les » presse de se mettre en équipage, ils me de- » mandent de l'argent, me menacent tous les I» jours de cesser de fournir, et au plus fort du >) travail de siège d'Ivrée. Ils en sont venus à ce » point de refuser du pain à la garnison de » Turin. En sorte que si je n'eusse usé d'auto- » rite, il fut arrivé bruit dans la ville. Je crois » bien qu'il pourroit arriver du désordre, no- » tamment le sieur Falcombel étant toujours » absent ('). » Quelques jours sont à peine écoulés que Le Tellier écrit : « J'appréhende » tellement que les affaires de la munition de * cette armée n'aillent pas si bien qu'elles ont » fait par le passé, qu'encore que je vous aie » écrit par rordonnance qui partit d'ici le » 29 du passé, je prends encore néanmoins la » liberté de vous faire celle-ci pour vous repré-
(J) Le Tellier u Des Nojers, 23 aviil 1641, p. GO.