‹ Michel Le TellierChapitre 151 sur 179 · MAI · texte numérisé non relu

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n'ont aucun équipage pour faire des voitures, en sorte que si l'armée alloit en un lieu où ils ne trouvassent pas de blé à acheter, il mesarriveroit indubitablement. Et quand je les presse de faire les provisions nécessaires pour la fourniture pendant la campagne, ils repartent qu'ils ne peuvent, parce qu'il leur est dû beaucoup de la dépense qu'ils ont laite, pendant les quatre premiers mois de cette année. Même me font entendre tous les jours qu'ils sont à la veille de tout abandonner; que n'ayant point d'argent, et leur correspondant étant en France à la poursuite de leurs affaires, ils ne trouvent pas de crédit ici pour faire subsister leur travail.

S'il est vrai que vous ne leur ayez rien donné à Paris pour cette année , il leur est dû pour les quatre premiers mois une somme assez considérable, car la dépense se monte à deux cent soixante-treize mille livres, à raison de sept mille rations par jour qu'ils ont fournies et au-delà, et encore dix mille livres pour la fourniture extraordinaire qui s'est faite à Montcalvo, tant aux troupes de Madame qu'à la cavalerie de l'armée du roi, sans y comprendre quelque blé et mulets qui leur ont été pris par les ennemis pendant cet hiver; sur quoi ils ont reçu cent quarante-et-un mille huit cent soixante-quinze livres seulement, partant, leur reste due la somme décent trente-et-un mille cent vingt-cinq livres.

Je vous supplie très-humblement, Monseigneur, de me faire informer des conditions de leur traité, de leur donner moyen de servir en les faisant payer, de nous renvoyer Falcombel, et de croire que je suis, etc....

17 xMAI 1G41. 63

LE TELLIER A DES NOYERS

Paiion, i7 mai 1641.

Monseigneur, j'ai reçu deux dépèclies du roi, des 30 mars et 24 avril derniers, dont l'une regarde les affaires des S3^ndics de la ville de Turin, et l'autre la dépense de table que font les généraux des armées du roi. Je tiendrai la main de ma part à l'exécution des ordres portées par icelles, et vous rendrai compte exactement de tout ce qui s'y passera. L'économie est bienséante partout, mais elle est nécessaire en ce pays, où toutes les denrées coûtent démesurément, en sorte qu'il faut pas faire grande chair pour dépenser beaucoup.

J'ai aussi reçu vos dépêches des 20 et 22 du mois passé, sur lesquelles je vous dirai que si je m'étois expliqué au long, quand je vous ai donné avis qu'il y avoit des officiers qui écrivent en France qu'on ne leur fasse guère de recrues , vous n'auriez pas estimé que j'eusse rien omis de ce que j'ai pu faire, pour en avoir la preuve et en faire le châtiment que mérite la conséquence de ce crime. Désirant de me servir de toutes les voies possibles pour trouver des preuves de cet avis, j'ai envoyé exi>rës dans la\ille des personnes affidées pour trouver des témoins qui en pussent déposer, ou pour en déposer eux-mêmes, si ces ofi^cierslà s'en vantoient devant eux, comme ils ont fait devant celui qui m'en avoit averti. Je fis même travailler à surprendre les lettres qu'ils écrivoient en Fram^e; j'en interceptai, dans lesquelles je ne trouvois rien, et enfin voyant que je ne pouvois trouver de preuves sur lesquelles je pusse fonder une procédure criminelle, je mandai ces ofiîciers-là et leur fis entendre que, par

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