‹ Michel Le TellierChapitre 152 sur 179 · MAI 1G41. J · texte numérisé non relu

MAI 1G41. J

les extraits de revues des troupes qui avoient été amenées en Piémont Tannée dernière , j'avois appris qu'ils avoient fait passer fort peu d'hommes , que s'il arrivoit qu'ils en fissent de même cette année, on chàtieroit leur avarice si sévèrement qu'ils serviroient d'exemple à toutes les troupes des armées du roi. Ils me promirent qu'ils écriroient en France à leurs camarades, en sorte que le roi auroit toute satisfaction de leurs soins, et qu'ils répareroient ce en quoi ils avoient manqué l'année dernière. J'ai cru en même temps vous en devoir donner avis, afin que, par l'ordre qu'il vous plaîra faire, eux et tous ceux qui manqueroient cette année, perdissent l'envie de profiter dorénavant des deniers du roi , aux dépens de ses affaires. C'est ce qui s'est passé en cela, dont si je vous eusse informé au lon^^, j'estime que vous eussiez jugé que je n'ai manqué ni d'affection ni de diligence pour en découvrir la vérité. Et je m'assure que si j'en eusse pu avoir des preuves, j'en eusse fait tel châtiment que chacun eut bien connu qu'il n'y a rien de plus important au service du roi que d'accoutumer les gens de guerre à employer utilement l'argent qu'il plaît au roi leur ordonner pour les recrues.

Je vous envoie un mémoire de ce qui s'est passé en gros dans le siège dlvrée, jusqu'au 26 du passé, dont M^'' le comte d'Harcourt vous a envoyé la relation en détail, à laquelle je ne puis rien ajouter, sinon que M. Mazarin a pris de très-grands soins de nous faire envoyer de Turin toutes les choses nécessaires pour la subsistance de l'armée, et a suppléé par son travail tout ce qu'eussent dû faire les officiers d'artillerie, s'ils eussent été dans le Piémont.

Je ne vous manderai rien de la mort de M. de la Cour, ni de la vertu qu'il a témoignée en sa maladie.

28 MAI 16il. 65

pareille à celle de ^a \ie; M. Mazai'iu vous en entretiendra à son retour.

Je suis de tout mon cœur, etc....

LE TELLIER A DES NOYERS

Turin, 28 mai 1641.

xMonselgneur, Madame espère que, quand Sa Majesté aura entendu l'état auquel est le Piémont, tant par le logement des troupes pendant l'hiver que pour ce qu'il souffre encore à présent, depuis la levée du siège d'Ivrée, le roi trouvera bon de lui accorder quelque relâche pour faire la récolte, et pouvoir se remettre en état de durer à l'avenir.

Les recrues viennent fort lentement, d'après les avis que nous avons de Lyon. Quand ceux qui ont reçu leur argent feroient passer leurs hommes pour le 15 juin, nous ne saurions mettre plus de sept mille hommes de pied effectif en campagne, laissant garnison suffisante dans les places. 11 n'est pas possible de rien entreprendre de durée, sans qu'on laisse, du côté qu'on quittera, un petit corps pour s'opposer aux ennemis et les empêcher de faire une diversion avec effet. Ghivasso nous sert d'exemple, il nous a fait quitter Ivrée.

LE TELLIER A MAZARIN

28 mai 1641.

Monsieur, j'ai fait consigner à M. Bartholy les selles des deux chevaux que vous lui avez envoyées, et ai reçu par les mains de M. de Saligny une haquenée grise et le cheval bai. Je ferai ce que je pourrai pour les faire bien traiter et les vendre et vos mulets aussi,

Page 1