XXII INTRODUCTION
d'une façon assez singulière. Le 21 janvier 1643, Mazarin écrit à Le Tellier : « J'ai déjà fort entre- » tenu à votre sujet M. le duc de Longueville et » M. Du Plessis, et ayant appris du premier la » grâce que vous souhaiterez de Sa Majesté, je » n'omettrai rien de tout ce qui pourra dépendre i) de moi, pour vous la faire obtenir (*). » En quels termes le duc de Longueville avait-il parlé de Le Tellier? nous ne pouvons pas le savoir, mais il est certain que Mazarin, en cette occasion, a confondu l'ancienne demande de Le Tellier, dont le souvenir lui est venu après coup, avec l'entretien récent du duc de Longueville, car Le Tellier répond carrément ceci : « Je ne me suis » ouvert à lui de chose quelconque qui me re- « garde. » Mais il profite très-adroitement de cette circonstance pour lui rappeler ^< que la » grâce que je désire est très-importante à ma » fortune (-). » L'erreur de Mazarin s'explique : depuis un mois il succédait à Richelieu, décédé le 4 décembre 1642, il promettait à tant de personnes chaque jour que sa mémoire n'y pouvait suffire. C'est pourquoi, tout en voulant être juste envers Mazarin à l'égard de Le Tellier, nous inchnons à croire qu'en provoquant sa nominafion
(1) Mazarin à Le Tellier, 21 janvier 1643, p. 269.
(2) Le Tellier à Mazarin, 14 février, 1643, p 291.