INTRODUCTION. XXIII
de secrétaire d'Etat, Mazarin a pris en considération, moins l'avantage que devait en attendre son protégé que celui qu'il pouvait retirer du concours d'un homme hors ligne qui lui était sincèrement attaché. L'homme politique ici efTace l'homme privé. Bientôt premier ministre d'un roi mineur qu'il a mission de protéger contre les intrigues et les factions qui s'agitent autour de lui, Mazarin doit chercher des points d'appui pour l'aider à arriver au terme de sa laborieuse tache. Et quand il s'agira de traiter avec les factieux, il se croira autorisé, comme Henri IV, à négliger et à mécontenter ses amis, pour avoir la paix, et pour faire rentrer dans le devoir des égarés dont il faut obtenir la soumission par toutes sortes de moyens. En pareille maliùre, l'excuse ou le blâme se trouve dans l'usage ou l'abus qu'on fait de son pouvoir.
Il faut cependant remarquer en faveur de Mazarin la simplicité avec laquelle il annonce à Le Tellier qu'il est nommé secrétaire d'Etat : » C'est le Roi, lui dit-il, qui a jeté les yeux sur » vous; M. de Chavigny l'a confirmé dans cette « pensée, et la vérité et l'affection que j'ai pour » vous m'obligeoient de témoigner en votre fo- * veur. » Comme il s'eflace ! il se met au troisième rang; mais il pense à tout néanmoins, il