‹ Michel Le TellierChapitre 80 sur 179 · INTRODUCTION. LXXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXXIX

I 12 cla courant, deux cavaliers qui exposoient ' en vente douze bêtes à cornes qu'ils avoient dérobées à Montcalvo... J'en condamnai un à mort, contre lequel il y avoit bonne preuve... Madame la duchesse de Savoie m'envoya dire qu'elle vouloit sauver la vie de cet homme, père de sept enfans... Je fis surseoira l'exécution et prévenir M. l'ambassadeur et MM. les maréchaux de camp qui trouvèrent bon de faire garder l'accusé dans la prison, jusqu'au retour de M. le comte d'Harcourt qu'ils jugèrent pouvoir seul donner grâce à ceux qui ont été condamnés à mort ('). »

<f Dans une autre circonstance, écrit Le Tellier à Mazarin, Madame, m\\yant envoyé quérir pour un désordre que le régiment de Marsin a fait près de Chivasso, me reprocha qu'elle ne m'avoit point vu, depuis que vous êtes parti, et me dit qu'elle croyoit que vous m'avez instruit de n'aller guère à sa cour, afin d'être mieux à celle de France. Et, sur cela, a répété les protestations qu'elle a toujours faites, d'avoir le cœur françois... quelque chose qu'on lui puisse faire (-). » Voici quelques bonnes dispositions prises par

(1) Le Tellicr à Des Noyers, 28 avril 16il, p. Gl. (2; Le Tellier à Mazarin, 10 juin 16il, p 7G.

XG INTRODUCTION.

T,e Tellier pour ramener Tordre dans Tarmée : « Pour empêcher que les troupes ne se déban- » dent, on leur a accordé une contribution sur » les terres voisines , en pain , vin et viande » pour la cavalerie, et vin et viande pour l'in- » fanterie; chaque corps l'envoie quérir par des » hommes commandés, conduits par un officier. i> L'ordre porte défense expresse de prendre du » bétail qui sert à la culture des terres, faute de » paiement de cette contribution, à peine de la ^> vie. 11 est résulté de là que chacun a envoyé » des gardes aux terres chargées de leur contri- » bution, et qu'on ne les a pas pillées comme on » a fait jusqu'ici (*). « « Je travaille, en ce que » je puis, à diminuer le libertinage des soldats » sur lequel M. le comte d'Harcourt a fait plu- » sieurs ordres très-bons. On ne souffre pas que » les gens de guerre aient des bestiaux; j'ai i> fait châtier des vivandiers qui en avoient acheté » deux. (^). »

Cependant des plaintes très-vives étaient adressées au roi par la cour de Turin contre les excès commis dans la campagne par l'armée. Des Noyers les signale à Le Tellier en ces termes : « La première chose et la plus importante à

(1) Le Tellier à Mazarin, 4 juillet 1641, p. 89. (-2) Le Tellier à Mazaric, 22 juillet 16il, p. 99.

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