‹ Michel Le TellierChapitre 81 sur 179 · INTRODUCTION. XCI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XCI

)) laquelle Son Eminence désire que vous vous

« attachiez, est de chercher le moyen d'empé-

» cher les courses que vos gens de guerre font

» dans toute l'étendue du voisinage de leur loge-

» ment où on dit qu'ils vivent dans une licence

* effrénée... qu'aussitôt que les paysans pensent

'y> conduire leurs bœufs au labourage, ils sont

» pris de force et enlevés comme dans un pays

» de conquête, qu'ainsi la campagne demeure

» déserte et inculte (*). » Le Tellier répond en disant : (( On ne vous a pas présenté les choses

« comme elles se passent. Depuis qu'on a as-

» signé aux troupes des terres pour subsister...

» les paysans labourent la terre et font leur traOc

» en sûreté. On ne vole plus sur les grands clie-

» mins et on ne contraint [)lus les habitans à

« payer en les emprisonnant. On a pourvu à ces

» deux articles par un règlement dont je vous ai

» envoyé copie, et à l'exécution duquel je lien-

» drai la main sans distinction de qui que ce

» soit (-). M Dans cette même lettre, il ne s'agit plus de flagrant déht : « J'ai fait arrêter un ca-

» valier du régiment de Cournou, soupçonné

» d'avoir volé sur le grand chemin. Après lui

« avoir fait son procès, je l'ai fait appli([uer à la

(1) DesNoyersà Le Tellier, 2 novembre 1(341, p. 125. (■2) Le Tellier à Des Noyers, 12 novembre 1641, p. 132.

XCU INTRODUCTION.

» question, dans laquelle il a confessé d'y avoir » assisté. Il sera jugé demain définitivement à » une peine proportionnée à son crime. »

La duchesse régente appréciait les services de Le Tellier et elle le remerciait en ces termes : « Je vous ai de l'obligation de la peine que vous » prenez à régler les quartiers d'hiver. J'enver- » rai une personne d'autorité au quartier de » mes troupes pour faire contenir les soldats » dans les bornes du devoir. Cependant, je dé- » sire que vous me fassiez la faveur de me con- » tinuer vos avis (*). »

Le Tellier ne s'en tient pas là : dans une longue lettre adressée à x^azarin et à Des Noyers sur les jugements des officiers qui n'ont pas fait leurs recrues, comme nous le verrons h l'article suivant, il s'exprime ainsi : « J'ai appris, par * les procès- verbaux des commissaires que j'ai » envoyés dans les quartiers pour observer les » déportemens des gens de guerre, qu'ils ont » fait des traités en vertu desquels ils prétendent » être payés plus que ne portent les ordres. » Afin d'arrêter le cours de ce désordre, j'ai fait » trouver bon à Madame d'enjoindre aux syn- » dics des terres chargées des contributions, de

(1) Madame à Le Tellier, 23 novembre 1641, p. 141.

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