‹ Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont, 1640-1643Chapitre 84 sur 178 · INTRODUCTION. LXXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXXIX

j» 12 du courant, deux cavaliers qui exposoient

» en veille douze bôles à cornes qu'ils avoient

» dérobées à Montcalvo... J'en condamnai un à

» mort, contre lequel il y avoit bonne preuve...

» Madame la duchesse de Savoie m'envoya dire

» qu'elle vouloit sauver la vie de cet homme,

» père de sept enfans... Je fis surseoir à l'exé-

» cution et prévenir M. l'ambassadeur et MM. les

» maréchaux de camp qui trouvèrent bon de

» faire garder l'accusé dans la prison, jusqu'au

* retour de M. le comte d'Harcourt qu'ils ju- » gèrent pouvoir seul donner grâce à ceux qui i> ont été condamnés à mort (*). »

«f Dans une autre circonstance, écrit Le Tcl-

* lier à Mazarin, Madame, m'ayant envoyé

* quérir pour un désordre que le régiment de » Marsin a fait près de Chivasso, me reprocha » qu'elle ne m'avoit point vu, depuis que vous

* êtes parti, et me dit qu'elle croyoit que vous » m'avez instruit de n'aller guère à sa cour, » afin d'être mieux à celle de France. Et, sur » cela, a répété les protestations qu'elle a tou- » jours faites, d'avoir le cœur françois... quelle que chose qu'on lui puisse faire (^). »

Voici quelques bonnes dispositions prises par

(1) Le Tellier à Des Noyers, 28 avril 1641, p. 61. (3) Le Tellier à Mazarin, 10 juin 1641, p 76.

XG INTRODUCTION.

Le Tellier pour ramener l'ordre dans Tannée : « Pour empêcher que les troupes ne se déban-

* dent, on leur a accordé une contribution sur » les terres voisines , en pain , vin et viande » pour la cavalerie, et vin et viande pour l'in- » fanterie; chaque corps l'envoie quérir par des

* hommes commandés, conduits par un officier. » L'ordre porte défense expresse de prendre du » bétail qui sert à la culture des terres, faute de » paiement de cette contribution, à peine de la » vie. Il est résulté de là que chacun a envoyé » des gardes aux terres chargées de leur contri-

* bution, et qu'on ne les a pas pillées comme on » a fait jusqu'ici (*). » « Je travaille, en ce que » je puis, à diminuer le hbertinage des soldats » sur lequel M. le comte d'Harcourt a fait plu- » sieurs ordres très-bons. On ne souffre pas que » les gens de guerre aient des bestiaux; j'ai » fait chcltier des vivandiers qui en avoient acheté » deux. (^). »

Cependant des plaintes très-vives étaient adressées au roi par la cour de Turin contre les excès commis dans la campagne par l'armée. Des Noyers les signale à Le Tellier en ces termes : « La première chose et la plus importante à

(1) Le Tellier à Mazarin, 4 juillet 1641, p. 89. 1-2) Le Tellier à Mazario, 22 juillet 16ii, p. 99.

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