L'HÔTELIER, JOLLIVET
L'HÔTELIER (commençant à servir le déjeuner de Blount).—Il s’en va furieux, le gentleman.
JouLIvET.—Et il reviendra de même! Il y a de quoi ! A sa place je serais hors de moi! (A l'hô telier.) Qu'est-ce que vous servez donc là ?
L'HôreLtER.—Le déjeuner du gentleman.
JoLLIVET.—Ah! c'est son déjeuner... ça a l'air d’être bon. (11 s’assied à la table.)
. L'Hôrezter.—Permettez, monsieur ; je lai dit: dest le déjeuner du gentleman.
. Jorriver.—Eh bien! (Ilse met à manger.) | L'HÔTELIER. —Mais, monsieur, il a payé d'avance.
| Jouuver. —Ah! il a payé d'avance. Alors vous ne risquez plus rien !..
L'HôTELtER.—Mais Le nes ?
JOLLIVET.—Nous sommes en compte... C'est très bon !
L'HôTELIER.—Mais, monsieur, monsieur !..
JOLLIVET (mangeant).—Soyez donc tranq aille, À me charge de tout. Décidément, vous cine tr bien, mon cher.
: L'HôTELtER (flatté).—Merci du compliment, monsieur.
… JoLLIVET.—Ah! c'est que nous sommes connais: seurs en cuisine, nous autres Français.
Le OU
L'HôTELIER.—Oui, oui, de grands connaisseurs
JoLr1vET (mangeant).—Et la vôtre, mon cher, est exquise |
L'HôTezIER.—Exquise.. en vérité! Vous trouvez : cela ? |
Jor.ziver.—Exquise, vous dis-je !
L'HôTeztER.—Eh bien, si monsieur veut goûter ceci, je crois qu'il le trouvera encore meilleur. (1 lui présente un second plat.)
Jozziver.— Excellent, en effet, c’est fin, c’est délicat, c’est …
L'HÔTELIER (présentant un troisième plat).—Vous me direz encore ce que vous pensez de celui-ci.
JOLLIVET (riant).—Avec plaisir... Mais dites : donc... Eh bien, et le gentleman ?..
… L’'Hôrerrer.—Tiens, c'est vrai! j'oubliais que ! c’est son déjeuner... Ah! bah! tant pis. |
JoLLIVET.—A propos, que dit-on des Tartares ?
L'HôTELIER.—Que le pays est envahi tout entier, . et que les troupes russes du nord ne seront pas en : force pour les repousser... On s'attend à une bataille : avant deux jours.
JoLLIVET.—De quel côté ?
L'HôTELIER.—Près de Kolyvan. (4 ce moment, Blount sort de la maison de poste.)