‹ Michel Strogoff [microforme]Chapitre 49 sur 51 · LES MÊMES, IVAN · texte numérisé non relu

LES MÊMES, IVAN

Le GRaAND-Duc.--Qui es-tu ? parle ! parle vite. Ivan.--Michel Strogoff, courrier du czar.

LE GRrAN2D-Duc.--D'où viens-tu ?

[van.—De Moscou.

Le GRAND-Duc.—Tu as quitté Moscou ? … Ivan.—-Le 22 août.

Le GRanD-Duc.—Et qui me prouve que tu es un courrier du czar et que tu m’es envoyé de Russie ?

[VAN (tirant un papier).—Ce permis signé du gouverneur de Moscou, et qui assurait mor passage à travers la Sibérie.

Le GRranD-Duc.--Mais ce permis porte le nom de Nicolas Korpanoñf.

IvaN.— Je voyageais sous ce nom en qualité de marchand sibérien.

Le GRAND-Duc.--Tu as une lettre pour moi ?

IVAN.--J’en avais une écrite de la main du gouverneur de Moscou, mais j'ai dû la détruire pour la soustraire aux Tartares qui m’avaient fait prisonnier.

LE GRAND-Duc.—Approchel... Que contenait cette lettre ?

IvAN.--Ceci : une armée de secours venue des provinces du Nord arrivera le 28 septembre.

LE GRraAND-Duc.—Le 28 septembre !

Ivan.--Que Son Altesse fasse ce jour-là... mais ce jour-là seulement... une vigoureuse sortie, et les Tartares seront écrasés !

Le GRaAND-Duc.--Aïnsi, celle que nous devions tenter aujourd’hui, demain. et chaque jour, ne pourrait que nous être funeste ?. C’est dans quatre jours seulement! Eh bien, quoi qu'il arrive, nous tiendrons jusque-là |

Ivan (à part).—Et demain les Tartares seront maîtres d’Irkoutsk !

Le GRaAND-Duc.--Est-ce tout ce que contenait cette lettre du gouverneur de Moscou ?

IvaN.—Non!.…. il était aussi question d’un homme dont Votre Altesse doit se défier. un officier russe.

LE GRraND-Duc.--Un Russe ! un officier ! Quel est le nom de ce traître ?

Ivan.—Ivan Ogareff, maintenant lieutenant de Féofar et organisateur de cette invasion.

. Le GRanb-Duc.--Ivan Ogareff, jadis condamné par moi à la dégradation !

Ivan.—f[l a juré de se venger de Votre Altesse et de livrer la ville aux Tartares !

Lg GRaAND-Duc.—Qu'il vienne donc, je l’attends ! Ah! qu'il méritait bien, ce misérable, le châtiment qui l’a frappé, lui qui devait provoquer plus tard l’envahissement de son pays!

Ivan (froidement).—Il le méritait !

LE GRrAND-Duc.--Mais dis-moi, comment as-tu fait pour pénétrer dans Irkoutsk ?

IvAN.——Pendant le dernier engagement qui vient d’avoir lieu, je me suis mêlé aux défenseurs de la ville, je me suis nommé, et on m'a conduit aussitôt devant Votre Altesse.

Le GRAND-Duc.-—Tu as montré un grand courage, Michel Strogoff. Que demandes-tu pour prix de tes services ?

Ivax.—Le droit de combattre pour la défense d’Irkoutsk.

LE GRAND-Duc.--Tu commanderas une des portes de la ville.

IvaN.—La porte Tchernaïa, Altesse, celle que les Tartares menacent le plus !

LE GRAND-Duc.--Soit ! La porte Tchernaïa.

/” VoRoNZoFrFr (qui s'est approché de la fenêtre).-- Altesse !

Le GRAND-Duc.—Qu'y a-t-il ?

pAonoxzorr— ll semble que l’ennemi cherche à e rapprocher de nos murailles.

Le GRrAND-Duc.—Il nous trouvera prêts à le recevoir ! Venez, messieurs !

(Tous sortent, excepté Ivan.)

29e SCÈNE IV.

IVAN seul.

IvaN.—-Oui, oui, nobles défenseurs de la patrie ! Allez, invincibles héros ! L'heure de la défaite et de la mort sonnera bientôt pour vous! Et toi, brûle, cité maudite, que tes palaïs soient anéantis par le feu ! Que de tes maisons il ne reste plus que des cendres ! Ce n’est pas une ville qu'il faut aux Tartares, c’est un monceau de ruines ! Brûüle donc, Irkoutsk, et périsse avec toi tout ce qui porte ie nom détesté de Russe et de Sibérien !

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