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fouille au fond de son instinct et s’exalte aux sourdes exigences de sa sensibilité. Méthode dangereuse, certes,
. mais qui lui donne sa faculté d’évocation, son pouvoir
divinatoire, son inépuisable richesse d’expression. Méthode qu'il emploie, en toute conscience et qu'il examine après coup, lorsqu'il se recueille, de place en place, au cours de sa longue carrière. Qu’on se reporte
à la préface du Peuple (1846) ou à l'introduction qu’il … écrivit en 1869 pour la nouvelle édition complète de
l'Histoire de France !
Dans une note du 3 août 1868, il partage lui-même sa
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vie en lrois parties et nous donne ainsi la clef de sa destinée et de son œuvre. | La première partie, de 1819 à 1838, coïncide avec ses débuts dans l’enseignement et la vie domestique, elle dure aussi longtemps que son premier mariage. C’est une période de travail sédentaire et de recherche, passée auprès de sa femme Pauline dans des conditions modestes, sans trouble profond, sans autre fièvre que celle des idées. En traduisant la Scienza Nuova du grand lialien Vico, et bientôt après, en enseignant à l'Ecole Normale, parallèlement, la philosophie et l’histoire, il sent l’impérieuse nécessité de donner à son évocation du passé une large assise intellectuelle, de relier, de coordonner ce que ses cours juxtaposaient, d'unir l’histoire à la philosophie. Il cherche donc une doctrine, Et cetle doctrine, voici justement que la vie la lui suggère, que les événements la lui révèlent. Il semble que la révolution de 1830 soit pour lui une illumination. Il écrit, dira-t-il, « sur les pavés brûlants de Juillet », son Introduclion à l'Histoire Universelle. C’est ce qu'il nous avoue par celte note griffonnée :
« 1824. Vico, effort, ténèbres, grandeur, rameau d’or. « 1828. Ecole. Effort encyclopédique. Concordance ; de l’idée et du fait.
« 1830. L'Histoire conçue comme un juillet étérnel. » Ainsi l'histoire lui. apparaît comme un incessant combat de la liberté contre la fatalité, de l’esprit contre … la matière, de l’homme contre la nature, et.dès lors sa d doctrine s'affirme : dans son Histoire de France, il commence à mêler sa personne à celle de la France. En 1839, la mort de sa femme Pauline produit dans | 5 sa vie un déséquilibre. Obsédé par les suggestions d’une à sensualité ardente, torturé de remords sans fondement, ï d'inquiétudes imaginaires, il se plonge dans le travail pour s’arracher à sa propre anarchie intérieure, Et il ya
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