INTRODUCTION AE
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u parvient, en revivant célle de la France au xv° siècle ; il écrit dans une sorte d’ hallucination l’histoire de Chäts . les VI le fou et de la sorcellerie, ce tome IV de l'Histoire … de France retentissant du fracas des luttes intestines, des rencontres entre Armagnacs et Bourguignons, traversé par le spectre de la débauche et par la danse macabre, « où le vertige de la volupté, dit justement Monod, se mêle au vertige de la mort ». Cette étape franchie, » l'anarchie vaincue, il conçoit fermement la synthèse de . l’histoire, et quand il connaît M” Dumesnil, amie pa- : thétique et bienfaisante, il dessiné avec amour la figure … de Jeanne d’Arc, enveloppée d’une lumineuse harmonie Ÿ et d’un étrange apaisement (1840-41).
) La seconde période que Michelet distingue dans sa - propre existence va de 1839 à 1849. Après la mort de | M” Dumesnil, en 1842, il se sent abandonné, presque & désespéré. La vie l’a de nouveau meurtri, et voici que » s’éveillent en lui une secrète amertume, une âcre Tan- À cœur. Avec passion, il se lance à corps pérdu dans lés polémiques religieuses de la Monarchie de Juillet. Il * bataille contre les Jésuites (1843), dénonce l'Eglise comke * plice (1845), prêche la démocratie. Il abandonne le " Moyen Age et court à la Révolution française (1847). Il # ‘oppose au règne de la grâce le règne de la justice, ét 4 son mysticisme cherché une nouvelle aurore. D'autre ! succèdent des affections moins pures, des liaisons humiliantes, mais qui l’aident, croit-il, à mieux COMk. prendre le peuple, la vie des simples. Au moment où meurt son père, témoin de la prise de la Bastille, :l rédige l'histoire de la Révolution en communion avec les “premiers enthousiasmes du peuple de Paris. Puis il | écrit Le Peuple: (1846) : et, dès lors, ce qui l’attire, ce “n'est plus la seule élite, armée de la raison et de la Miberté, c’est la nature immense, impénétrable et primi-
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part, à l'amour idéal qu’il éprouvait pour M”* Dumesnil
XIY INTRODUCTION
tive. Il ne dresse plus l’une contre l’autre, comme en 1830, la liberté et la fatalité, la force de l'esprit et celle de l'instinct, la raison et la nature, maïs il arrache la nature à la fatalité, et partout, dans la plante, dans l'animal, dans l'enfant, il découvre les germinations obscures de la liberté et de la conscience. Il aboutit à une sorte de panthéisme réconciliateur et, en politique, à l’esprit de 1848.
La troisième période de sa vie date, nous dit-il, de son second mariage (1849). Cette fois il est plus fort que: les atteintes du destin. Le coup d'Etat a cassé sa carrière, l’a ruiné, presque proscrit, chassé au fond de la province. Mais voici qu'il trouve, à cinquante-et-un ans, auprès d'une femme plus jeune de vingt-cinq ans, un apaisement, un nouveau foyer et une inspiration. C'est une résurrection. Il est sauvé. Il reprend son histoire ‘interrompue, il évoque La Renaissance dans un grand sentiment d’audace et d’allégresse (1854), publie L'Amour (1858) et La Femme (1859). Sa compagne aimé l’histoire naturelle : il compose L’Oiseau (1856) et L'Insecte (1857). Elle s'inquiète des grands problèmes d’histoire religieuse : il écrit La Bible de l'Humanité (1865), et, comme à l'humanité nouvelle, il faut une éducation nouvelle, il rédigera : Nos Fils, à la veille de la guerre de 1870. |
C'est ainsi qu’à l’âge de soixante-dix ans Michelet … recompose sa vie. En dépit de certaines illusions rétrospectives, cette explication biographique est exacte dans l’ensemble, et elle atteste le lien intime qui existe entre son œuvre et sa vie, la pénétration de l’une par l’autre. L'Histoire ‘de France, c’est Michelet tout entier, c’est l'homme avec tous ses rêves, toutes ses convictions, tous ses sentiments, avec son mysticisme tour à tour