PAL
à Nervi, à Gênes, à Turin. Les Orlando l’accueillent. On le rencontre ici ou là, discutant avec le député Brofferio, avec Bonavino (Ausonio Franchi), « le premier écrivain polémique de l'Italie », avec Rosolino Capacci, un jeune Garibaldien qui devait être tué le premier dans l’affaire de Sicile, à la tête des Mille. :
Rien d'étonnant si, malgré son opposition à l’Empire, il salue joyeusement l'alliance franco-piémontaise de 1859, les victoires de Magenta et de Solférino, Pourquoi faut-il, hélas, que l’unité italienne s'achève au moment tragique de notre défaite ? Le 2 septembre 1870, Michelet revient une dernière fois à Florence : « Italia mia, salut, chère Italie, dans ton sein se réfugie la France en deuil ! » (Journal inédit, 6 novembre 1870). La prise de Rome par les troupes italiennes peut-elle apporter
une compensation à son cœur meurtri par le désastre
de Sedan ?
Ainsi les deux unités qu'il avait ardemment souhaitées toute sa vie, l’unité italienne et l’unité allemande, s’accomplissaient en même temps, mais la seconde aux dépens de sa patrie ravagée et bientôt mutilée. Son déchirement fut aussi profond que sa générosité et son illusion avaient été grandes. Il eût été intéressant, certes, d'examiner en détail, dans deux études parallèles, l’évolution de ses sentiments et de ses idées à l’égard de l’Allemagne et de l'Italie, mais je ne veux point refaire les articles déjà cités de Gabriel Monod (x). Les quelques compléments que je pourrais leur apporter ne justifieraient pas une telle prétention. Je me contenterai donc d'aborder un aspect de la question qui n’a pas été étudié et j'exposerai plus loin, grâce à des documents inédits, l’attitude de Michelet à l'égard de l'Allemagne en 1870.
(1) Cf. plus haut. Introduction, p. xx1,