‹ Michelet et son tempsChapitre 5 sur 51 · INTRODUCTION XY · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XY

religieux et révolutionnaire, ses sombres ardeurs sehsuelles, avec ses cris de foi et de liberté.

Cet homme, nous le connaissons enfin, grâce à l’ou. vrage de Gabriel Monod, et l’on comprend maintenant l'importance de cette publication,

Ici, j'arrive à une seconde question : quelles sont les sources auxquelles a puisé Gabriel Monod, quels sont les documents inédits qui lui ont permis — et qui nous permettront désormais — de reconstituer la personnalité, l'humanité de Michelet »

, Celui-ci a laissé de nombreux manuscrits. Il conservait tout, ses brouillons, ses plans, les minutes de.ses lettres ; il tenait son journal avec une laborieuse assiduité, prenait des notes au cours de ses voyages, rem-

» plissait des carnets d’impressions et de confidences. On se demande, en feuilletant sa correspondance, comment

il a trouvé le temps d'écrire tant de lettres, d’annoter tant de livres, de poursuivre tant de discussions. Les

* quarante volumes de ses œuvres complètes auraient suffi, certes, à absorber une vie de travail acharné, et loin d’être épuisée, sa pensée se prolonge, s'exprime et se nuance encore dans des mémoires et des notations personnelles. Il est infatigable.

Où se trouvent ces papiers et comment les classer ?

Il y a deux groupes de documents sur Michelet, deux sortes de sources distinctes, ou plus exactement deux legs de provenance différente.

D'une part, les papiers qui viennent de sa première femme Pauline ou plus exactement de sa fille Adèle qui épousa Alfred Dumesnil. D'autre part ceux qui ont été

conservés et exploités par sa seconde femme, M” Miche- La Mialaret,

tr | INTRODUCTION

Les premiers, qui contiennent près d'un millier de

lettres de Michelet, sont encore la propriété de ses petites-filles : M” Paul Baudoüin et M Dumesnil, et ont été en partie explorés. L'ami de Dumesnil, Eugène Noël, en a tiré en 1878 un livre intitulé: Michelet et ses enfants. M. Paul Sirven, professeur à l’Université de Lausanne, leur a emprunté des lettres de famille, parues le 1° octobre 1922, dans la Revue de Paris, et a complété cette publication par un volume entier de « lettres », édité en 1924 par les « Presses universitaires de France ».

Les seconds ont été légués par M“ Michelet à Gabriel Monod et celui-ci en a confié la garde, par testament, au Musée Carnavalet. Il y a là une mine inépuisable, non seulement les manuscrits des cours imprimés ou inédits, les manuscrits des livres publiés, mais. encore toute la correspondance reçue par Michelet, nombre de minutes des lettres qu'il a lui-même envoyées, enfin les cahiers de son journal et ses notes et récits de

voyage. Sans doute le journal intime proprement dit

n’est pas accessible au chercheur : une partie de ce journal se trouve à l’Institut de France et ne pourra être décachetée qu’en 1950. Maïs tel qu'il est, le fonds de

Carnavalet qu’on peut appeler le fonds Monod est d’une %

richesse inespérée.

Ce n'est pas à dire qu'il n'ait été très exploité par Gabriel Monod. Déjà avant 1910 celui-ci avait publié,

à quatre reprises, des souvenirs ou des études sur

Michelet, Son volume: Jules Michelet (1875) a été

réimprimé et légèrement modifié dans Les maîtres de l’histoire : Renan, Taine et Michelet (1894). Il a édité des Portraits et Souvenirs qui font encore une grande part à son maître, en 1897. Enfin, quand M" Michelet lui ouvrit ses archives, il publia des Etudes sur la vie Le les œuvres de Michelet, avec des pages inédites, mes V4

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